|
Cas de marketing
Introduction
La pratique du marketing dans le vide n'a aucun sens. Ce n'est pas un
science exacte, et la théorie n'a aucun intérêt en
soi. Le marketing vit de ses succès dans les entreprises, et pas
des démonstrations théoriques. C'est pourquoi nous, et vous,
devons passer par la phase de documentation sur les marchés. Aucun
ne se ressemble, chacun a ses habitudes commerciales, son historique,
ses tabous, ses consommateurs aux comportements atypiques, ses distributeurs
obligatoires, ses produits particuliers...
Il faut, sous peine de stérilité intellectuelle grave, fonder
le marketing sur des faits et l'analyse de ses faits. Les 10 cas rassemblés
dans cet ouvrage sont donc avant tout documentés. Ils sont l'eau
du moulin de votre réflexion marketing. Vous trouverez peut-être
que les informations qui y figurent sont trop nombreuses, mais sans présupposer
du traitement que vous en ferez, il vaut mieux être prêt à
tout. Les stratégies marketing sont faites de nuances, sans informations
détaillées pas de nuance, pas de finesse.
Le parti pris de ces 10 cas de marketing est d'exposer clairement des
faits, de la manière la plus impartiale possible, sous forme d'historique,
de tableaux, orchestrés dans un plan clair. Cette forme permet
un jugement rapide et sain de la situation. D'autres préféreront
une forme plus romancée, avec des dialogues, des comptes rendus
de réunions et des mémo. Cela apporte un trouble supplémentaire
qui ne me semble pas ici nécessaire.
Des faits, des chiffres au service d'une analyse claire pour une réflexion
certaine.
Le travail que vous pourrez faire sur chaque cas dépend à
la fois du temps que vous comptez y consacrer et de votre expérience.
Au début de chaque cas vous trouverez un résumé qui
vous permettra de comprendre à quelle problématique correspond
le cas et de percevoir la question qui se pose au responsable de l'entreprise
et à son responsable marketing. A la fin de chaque cas, des pistes
de travail guideront vos premiers pas.
La fonction marketing n'étant pas isolée dans l'entreprise
toutes vos recommandations prendront en considération la politique
générale de l'entreprise.
Quelques termes franco-anglais, et même plutôt anglais que
français, sont utilisés dans les cas. Ces termes sont certes
trop nombreux à mon goût, mais ils "collent" à
la réalité des entreprises. Peu à peu il faudra appeler
les "choses" du marketing par leurs noms français. Mais
ces anglicismes sont aujourd'hui installés et il faut au moins
les connaître.
Les cas de marketing présentés ici sont tirés de
la pratique d'entreprises sur des marchés français. Le marketing
commence par la compréhension des comportements des acteurs du
marché, et chaque pays a sa propre intelligence marketing, tant
les besoins, motivations et freins changent en passant la frontière
culturelle. Et même si le positionnement de certains produits sont
internationaux, localement l'adaptation du plan de marchéage (marketing-mix)
est forte.
Dans un but pédagogique il apparaît plus facile d'appréhender
un seul marché à la fois. Commençons par comprendre
nos pairs avant de partir à la conquête de nos voisins.
Nous vous présentons ci-dessous 10 cas tirés de la réalité,
seuls certains noms et certains chiffres clés ont été
changé pour préserver l'anonymat des entreprises.
Présentation des cas
Les nombreuses stratégies marketing connues ont été
ordonnées en trois catégories suivant les circonstances
qui poussent à les analyser. C'est donc le déclenchement
et la prise de conscience de la nécessité de mettre en place
une stratégie marketing différente qui sont pris en compte.
Il s'agit d'une classification sur les éléments extérieurs
( l'environnement) intervenant sur l'intérieur (l'entreprise).
Les trois catégories de stratégies sont :
[1] les stratégies de réaction
[2] les stratégies d'action
[3] les stratégies d'anticipation
[1] Les cas de stratégies de réaction
L' entreprise n'avait pas prévu les changements qui sont intervenus
dans son environnement (nouveau concurrent, baisse de la consommation,
nouvelle loi...). Elle doit mettre en place une stratégie qui a
pour objectif de rétablir les équilibres passés.
[2] Les cas de stratégies d'action
L'entreprise moderne est sans cesse en mouvement. Certains de ces mouvements
internes impliquent une analyse marketing (développement de nouveaux
produits, changement de système de vente, changement de type de
communication...). L'objectif de ces stratégies d'action est de
gérer les mouvements internes de l'entreprise pour maximiser les
effets externes (part de marché, introduction dans un circuit de
distribution...).
[3] Les cas de stratégies d'anticipation
Aucun élément extérieur ne semble mettre en péril
les positions de l'entreprise à moyen terme, mais dans le cadre
de réflexions et d'analyses de risques, des stratégies d'anticipation
sont élaborées. L'objectif de ces stratégies est
l'étude des risques d'échec et chances de succès
de plusieurs alternatives.
Les cas sont présentés en fonction du type de stratégie
marketing qu'ils appellent : stratégie de réaction, d'action
et d'anticipation.
Cas de réaction
L'entreprise est dans une situation non prévue et difficile, la
direction doit réagir. C'est rôle du marketing d'être
en première ligne et de prodiguer les recommandations stratégiques.
Cette période de la vie de l'entreprise est cruciale. Une stratégie
mal adaptée peut être fatale. La prise de risque doit particulièrement
être étudiée. Le marketing, par son analyse, sa clairvoyance
son bon sens doit trouver une solution originale et rapidement rentable.
Autres raisons de prêter attention à ces stratégies,
à part leur côté salutaire, est qu'elle doivent "repenser"
une partie de l'entreprise, de ses produits, de son offre. Ce n'est pas
avec les solutions d'hier que la situation peut se redresser. Il faut
mettre en oeuvre des moyens de correction, de défense, ou mieux,
de contre attaque. Les suiveurs, par leurs manque de stratégie,
ou les marchés saturés sont souvent des cas de réaction.
Cas n°1 : Banque Communale de Crédit
C'est un cas de positionnement de service, d'une difficulté moyenne.
A la veille de décider d'importants investissements, les dirigeants
de la Banque Communale de Crédit (BCC) sont en pleine réflexion
sur le véritable métier de banquier. Pour l'instant la BCC
offre les mêmes produits à tous ses clients. Son directeur
général se demande quelles sont les réelles attentes
des consommateurs de produits bancaires ? Tant en matière de produit
que de services.
Quels investissements seront apprécié à leur juste
valeur par les clients ? Trouvez les facteurs clés de succès
de la banque idéale. La stratégie marketing de couverture
maximale est-elle la seule alternative valable ? Faut-il créer
de nouveaux produits bancaires ? Faut-il créer des groupes de produits
(package) et les commercialiser sous un nouveau nom de baptême ?
Que pensez-vous des campagnes de publicité tant locale que nationale
? Les dépenses marketing publicité pourraient-elles se répartir
différemment ?
Cas n°2 : Les crèmes Coconut Skol
C'est un cas de budgétisation de vente dans le domaine des produits
cosmétiques, d'un niveau de difficulté moindre.
Coconut Skol est une marque de produits solaires vendue principalement
en grandes surfaces. Le chef de produit doit budgeter les performance
de la marque sur les années à venir. Pour cela il dispose
d'une revue de marque et de divers statistiques internes et externes.
Quels sont les prévisions de ventes de chacune des références
Coconut Skol ? Quels sont les implications des prévisions de vente
en terme de budgets publi-promotionnel, et de rentabilité de l'entreprise
?
Cas n°3 : Les clôtures Bekaert
C'est un cas d'efficacité de communication d'un niveau de difficulté
élevée.
La société Bekaert, leader mondial sur le marché
des clôtures en acier, est confrontée à une situation
de marché difficile. Un double phénomène se produit
: une baisse des prix généralisée et une baisse de
la consommation globale de clôtures. En tant que leader Bekaert
a toujours défendu une politique de haute qualité qui correspond
à des prix élevés. Mais devant les pertes continuelles
de parts de marché les dirigeants de Bekaert sont décidés
à réagir.
Quels sont les effets de la publicité ? La diversité de
l'offre produit est-elle réellement nécessaire ? Quels sont
les effets de politique de gamme sur le marché ? Quel surcoût
les consommateurs sont prêts à payer pour une marque leader
?
Cas d'action
L'entreprise prospère et il faut préparer l'avenir. Il s'agit
de mettre en oeuvre et organiser les forces de l'entreprise pour être
prêt aux évolutions du marché. Les changements sont
déjà plus ou moins prévisibles, et l'offre de l'entreprise
doit être adaptée aux nouveaux consommateurs. Le marketing
a un rôle important de catalyseur du changement.
Dans les cas d'action tous les ingrédients sont déjà
dans l'entreprise, le marketing doit en modifier la proportion, c'est
à dire "optimiser le marketing-mix aux contraintes du marché
et adapter le positionnement des produits". C'est de l'organisation
d'actions sur le moyen terme.
Les challengers (prétendants) ou les marchés en phase de
croissance, sont souvent des cas d'action.
Cas n°4 : Le dentifrice Popsy
C'est un cas de positionnement d'une difficulté moyenne.
Popsy est un dentifrice pour enfants. L'entreprise Beecham qui exploite
cette marque possède aussi deux autres marques de dentifrice :
Aquafresh et Teelak. Chacune a son positionnement et Beecham évalue
régulièrement la pertinence de ceux-ci. L'entreprise est
étudiée dans sa globalité pour mettre en évidence
les évolutions possibles.
Comment peut évoluer la marque Popsy dans le portefeuille d'activité
de l'entreprise ? Quelles sont les directions possibles pour le développement
de la gamme Popsy ? Quel sera le nouveau positionnement de la marque ?
Cas n°5 : Les chariots de golf
C'est un cas de diversification d'une difficulté moindre.
Adémarc est fabricant de PLV en acier et ses bons contacts avec
la distribution l'ont amené à fabriquer pour une chaîne
de magasins sport des chariots de golf en acier. Cette dernière
activité prend de plus en plus d'importance, tant en terme de marge
que de chiffre d'affaires et surtout en possibilités de développement.
La stagnation des investissements en PLV des entreprises, et le développement
du nombre de parcours de golfs et de golfeurs remettent en question les
choix de développement d'Adémarc.
La société Adémarc doit-elle se diversifier sur le
marché du golf, et de quelle manière ? Quelles sont les
conséquences de cette diversification ?
Cas n°6 : Les vins de Classic Arôme
C'est un cas de positionnement de service et de marketing direct d'une
grande difficulté.
Classic Arôme est une entreprise de vente de vins par correspondance.
Cette entreprise est implantée depuis longtemps dans le monde du
vin et son catalogue a considérablement évolué. Le
monde du vin est à la limite de l'artisanat et de la grande consommation,
et les méthodes de commercialisation sont en pleine révolution.
Comment améliorer les méthodes de commercialisation de Classic
Arôme ? Quel axe de communication directe, en rapport avec une stratégie
marketing à définir, doit être choisi ?
Cas n°7 : Le bâtiment et City Habitat
C'est un cas de diversification d'une difficulté moyenne.
City Habitat est une entreprise de bâtiment prospère. Elle
réalise tous types de travaux dans la rénovation, la construction,
la décoration. City Habitat est connue sur la région lyonnaise
pour le sérieux de ses rénovations et ses prix très
étudiés. Son dirigeant, pour diverses raisons, cherche à
développer, ou à diversifier, son activité.
Quel secteur de diversification semble, le mieux, remplir les objectifs
du dirigeant de l'entreprise ?
Cas d'anticipation
L'entreprise doit aussi être visionnaire, principalement dans des
domaines où les recherches sont longues et nécessites des
développements coûteux. La recherche doit être amortie,
en prévoyant bien à l'avance ses futurs débouchés.
En cas d'erreur du marketing ce sont parfois des années de recherche
qui sont ainsi anéanties. Les stratégies d'anticipation
exigent une analyse sûre, un diagnostique complet des évolutions
possibles. Le marketing doit fonder ses raisonnements, plutôt sur
des changements comportementaux que sur des faits déjà constatés.
C'est la dimension réellement stratégique du marketing.
Il faut définir la teneur de l'offre des années à
venir.
C'est de la planification de moyens sur le long terme. Les leaders (meneurs),
et les marchés en phase de lancement ou de préparatifs de
lancement, sont souvent des cas d'anticipation.
Cas n°8 : Télévision Haute Définition
C'est un cas de prospective marketing d'une grande difficulté.
La société Locas est fabricant de toutes sortes de composants
électroniques, qui entrent dans la composition de caméras,
de tables de montage et de téléviseurs. Les développements
rapides des technologies obligent l'entreprise à prendre des décisions
d'investissement sur base de dossiers techniques et d'études du
consommateur.
Quels sont les projets que le département recherche et développement
doit continuer à travailler ? Qui du consommateur final, des gouvernements
et des intermédiaires de la télévision décident
des futures normes ?
Cas n°9 : Les colles Habilcol
C'est un cas de diversification d'une difficulté moyenne.
Un fabricant de produit de classement (dossier, pochette, index...) étudie
sa diversification sur le marché des colles de papeterie. La position
dominante d'Habilclass sur le marché du dossier suspendu, entre
autres, a permis de générer suffisamment de capacité
d'autofinancement pour envisager une diversification, éventuellement,
non-rentable sur les trois premières années. Cette diversification
doit cependant à terme remplacer l'activité de classement.
Sur la base de l'analyse du marché des colles de papéterie,
il est maintenant temps de prendre les décisions d'investissements.
La société Habilclass doit-elle accepter, ou non, la proposition
de diversification ?
Cas n°10 : La climatisation
C'est un cas de lancement de produit d'une grande difficulté.
L'entreprise Hydra invente un nouveau système de climatisation
qui réduit fortement les contraintes d'installation dans un bâtiment
déjà existant. Cet appareil s'adresse donc à la plus
grande partie du marché, celle des immeubles construits. Cet appareil
s'adresse aussi à tout type d'usage, domestique, bureau, hôtel,
commerce... Un brevet protège l'exploitation de ce procédé
pendant 10 ans, et Hydra entend bien exploiter ce laps de temps pour prendre
une certaine avance.
C'est le plan marketing global du lancement de produit qu'il s'agit de
proposer.
Récapitulatif des cas proposés
N° Titre RAA Type de produit Métier - Marché Facteur
clé Niveau de difficulté
Cas n°1 Banque Communale de Crédit Réaction Service
Banque Positionnement ***
Cas n°2 Les crèmes Coconut Skol Réaction PGC Cosmétique
Budgétisation de vente *
Cas n°3 Les clôtures Bekaert Réaction Bien durable Clôture
Communication ****
Cas n°4 Le dentifrice Popsy Action PGC Hygiène beauté
Evolution de gamme **
Cas n°5 Les chariots de golf Action Équipement Loisir Diversification
*
Cas n°6 Les vins de Classic Arôme Action VPC Agro-alimentaire
Marketing direct ***
Cas n°7 Le bâtiment et City Habitat Action Service Bâtiment
Stratégie de développement **
Cas n°8 Télévision Haute Définition Anticipation
Équipement Technologie Marketing prospectif ****
Cas n°9 Les colles Habilcol Anticipation Bien durable et PGC Colle
et chimie Diversification **
Cas n°10 La climatisation Anticipation Équipement Bâtiment
Plan marketing de lancement de produit ***
Correction
Pour vous aider dans votre travail, vous trouverez en début de
cas le résumé, en fin de cas les pistes d'action et pour
6 des 10 cas des corrigés complets en fin d'ouvrage, pour les 4
autres des conseils de travail. Vous pourrez travailler seul les 6 cas
corrigés et travailler en cours avec votre professeur les cas non
corrigés.
L'étude de cas est à la fois un travail "scolaire"
et une préparation pour votre vie professionnelle future.
C'est pourquoi nous vous proposons de lire le prochain chapitre de méthodologie
avant de commencer à travailler sur le premier cas.
Méthodologie d'étude de cas
Introduction
Pour avoir une stratégie en phase avec les besoins de l'entreprise,
il est nécessaire de prendre conscience de la situation, et de
la genèse du problème. C'est pourquoi les cas qui vont suivre
sont classés en trois catégories : stratégie de réaction,
d'action et d'anticipation.
Dans la première catégorie les entreprises sont en déséquilibre,
elles n'ont pas vu venir les changements, et un des objectifs des stratégies
de réaction est de créer un nouvel équilibre à
la fois interne et externe (par exemple : pour contrer un nouveau concurrent
qui prend des parts de marché, la politique de prix est révisée).
Les stratégies d'action visent à changer l'équilibre
établi, en ajustant les ressources internes de l'entreprise aux
effets souhaités en externe (par exemple : pour conquérir
de nouveaux distributeurs une nouvelle méthode de commercialisation
sera mise en place).
Quant aux stratégies d'anticipation, elles ont pour objet de préparer
l'avenir en étudiant les risques d'une série de décisions,
elles sont prospectives et visent à préparer les forces
internes de l'entreprise pour s'adapter aux futurs changements externes,
ou même les provoquer. Le temps venu elles deviendront des stratégies
d'action (par exemple : le commerce à distance prend de l'importance,
comment adapter les supermarchés de proximité ?).
Avant tout, réussir une étude de cas est une question d'état
d'esprit. Pour faire la bonne analyse, prendre les bonnes décisions,
pour orchestrer votre somme de connaissances théoriques au service
d'une stratégie, il faudrait être un professionnel. Pour
assumer toutes les responsabilités du manager en marketing il faut
jouer son rôle. La bonne étude de cas commence par l'implication
dans un jeu de rôle.
Il n'y a pas de solution idéale et encore moins de correction unique
à un cas d'entreprise. Le marketing n'est pas une science exacte.
La cohérence est plus importante que la pertinence des stratégies
et des tactiques proposées. La complexité de la vie de l'entreprise
est telle, que la qualité de votre travail dépend plus de
votre capacité à comprendre, analyser, justifier, convaincre...
qu'à trouver de meilleures solutions que celle des professionnels
de l'entreprise.
En un mot : soyez un manager, vous deviendrez un manager, et vous conduirez
votre entreprise d'un jour vers le succès.
La façon dont les cas sont présentés
Tout le travail de documentation est déjà fait alors que
dans la réalité c'est vous qui aurez à le faire.
C'est pourquoi l'étude de cas reste plus facile que la réalité.
En effet, tous les cas décrivent à travers un énoncé
:
· une situation de marché
· une organisation (industrie, entreprise, association...)
· une situation concurrentielle
Face à cette description, il faut produire une analyse, et prendre
une décision dans le cadre d'un plan d'action
Le travail à fournir dans une étude de cas
Il faut produire une analyse et arriver à prendre une décision
à mettre en oeuvre dans un plan d'action.
Analyse
La liste de problèmes rencontrés n'est pas infinie, c'est
leurs combinaisons qui l'est.
· Problème d'homme, de structure
· Problème de positionnement
· Problème juridique
· Problème de production
· Apparition de nouveaux concurrents
· Poids important des fournisseurs
Une bonne analyse met en évidence les liens entre ces problèmes
simples.
· Identifier la nature des problèmes ou des opportunités
· Mobiliser votre expérience au service de la recherche
de renseignements théoriques ou factuels
La prise de décision
L'analyse est la base de vos décisions. Une décision, même
bonne, sans justification, ou sans la communication de cette justification,
est réputée mauvaise . Vous décidez de la stratégie
marketing à adopter
· Mobiliser vos connaissances acquises (votre savoir est, enfin,
mis en oeuvre)
· Justifier les décisions
· Orchestrer ses connaissances autour d'une stratégie
Le plan d'action
C'est la partie visible de votre travail, c'est le résultat de
la stratégie choisie.
· Émettre des recommandations d'actions opérationnelles
· Formuler un plan marketing ou une simple recommandation d'action
Méthode de travail et préparation
Méthode de travail de préparation
Dès la première lecture vous avez une vue générale
du problème qui se pose à l'entreprise, notez cette première
impression, c'est souvent un des facteurs clés de succès.
Cela vous permettra immédiatement de mobiliser les connaissances
à mettre en oeuvre pour le résoudre. En établissant
votre propre classement des cas par grandes catégories , vous retrouverez
facilement des situations analogues et des débuts de solutions
à confronter à votre analyse.
La difficulté du cas mérite d'être évaluée,
inutile de mobiliser trop de force pour un cas facile, en jugeant rapidement
la difficulté du cas vous améliorerez votre échelle
de priorité, les questions urgentes ne sont pas forcément
importantes.
Les principes de base : La position de l'étudiant
Vous êtes salarié de l'entreprise, sauf s'il est précisé
un autre poste (auditeur externe, conseil en publicité), mais dans
tous les cas, votre rôle est celui d'un professionnel. Cela implique
une certaine connaissance du dossier.
Il n'est donc pas nécessaire de rappeler les évidences de
l'énoncé, sauf si l'évidence étaye une thèse
ou un point d'analyse. Il n'est pas utile de rappeler la date de création
de l'entreprise, à moins que cela constitue une force par rapport
à la concurrence et que cet élément soit utilisé
dans les argumentaires de vente.
Le professionnel émet des hypothèses, lorsque les éléments
en sa possession ne sont pas suffisants, il ne se cache pas derrière
des lacunes de l'énoncé, mais il formule des questions à
résoudre dans le futur. Vous avez accepté cette étude
de cas (ou vous y êtes obligé, ce qui revient au même),
il est trop tard pour reculer, il faut assumer, faire des hypothèses,
proposer des solutions et éventuellement dire qu'elles sont partielles,
dire aussi comment ces solutions pourront évoluer à la lueur
de nouveaux éléments.
L'étude de cas consiste en partie à trouver des solutions
et pas à chercher des excuses. Votre position doit être positive.
1. Lecture active du cas
2. Déterminer le type du cas
3. Lister les problèmes à résoudre
4. Situer le contexte
5. Chercher des exemples de cas identiques
6. Lister tous les objectifs possibles
7. Lister les tactiques possibles
8. Lister les techniques de communication adaptées aux cibles
9. Bâtir un budget rapide
10. Donner un titre au rapport
11. Choisir un objectif et une stratégie
12. Commencer la rédaction du rapport
Tout ce travail va aboutir à la rédaction d'un rapport.
Ce rapport d'étude sera semblable au rapport que fournirait le
responsable marketing professionnel.
Rédaction du rapport
Le style
Le plus direct possible. Les phrases simples, même pour exprimer
un raisonnement complexe. Dites les choses clairement, prenez des risques.
Bien sûr le rapport est écrit à la première
personne (Nous... Je... nos clients...)
Le plus professionnel possible, pas de rappel de cours, pas de généralités.
Des mots de l'entreprise pour des problèmes d'entreprise.
N'en dites pas trop, qui prouve trop ne prouve rien. Un argument suffit
à justifier vos actions, ne cherchez pas la perfection, vous risquez
de trouver le fouillis.
Enfin votre rapport doit être enthousiaste, c'est votre projet,
votre métier, une partie de votre vie...
Plan idéal du rapport
1. Titre
2. Sommaire paginé
3. Résumé managérial
4. Analyse
5. Système d'objectifs
6. Stratégie (et les alternatives)
7. Plan marketing
8. Recommandation d'actions
9. Budget
Le titre
Idéalement le titre est évocateur de la façon dont
vous souhaitez traiter le cas. Le fait principal, l'axe majeur de la stratégie
à mettre en place ou encore l'objectif principal peuvent figurer
dans le titre.
Par exemple :
* à la conquête par le sourire
* le nouveau service-plus de la banque
* retrouver notre métier
* la bataille de l'image
Idem pour le titre de chaque partie de votre rapport, une évocation
du contenu est toujours bienvenue. Un titre efficace est indéniablement
mobilisateur.
Plus simplement, si vous manquez de temps et de créativité,
le titre annonce ce qui va être le coeur du sujet : plan marketing
de "nom de l'entreprise", ou le nom de code du projet.
Résumé managérial
C'est le fil directeur qui permet au lecteur d'apprécier en un
seul coup d'oeil le bien fondé du dossier. C'est la page du roi.
Cette page explicative est placée avant l'analyse et la stratégie,
pour justement servir de clé à la lecture de ces dernières.
Le résumé managérial se compose de trois parties.
LES FAITS MARQUANTS
Éléments principaux des points forts et points faibles
Éléments principaux du contexte économique
Fait marquant du produit, des parts de marché
Uniquement les éléments qui ont un rapport direct avec la
future stratégie.
L'OBJECTIF ET SYSTÈME D'OBJECTIFS
Énoncé de l'objectif principal du plan, ainsi que la liste
rapide des objectifs secondaires, sans aucune justification. L'aspect
synthétique ne doit pas faire oublier les chiffres. Si un objectif
est le recrutement de nouveaux utilisateurs, il faut préciser combien
et dans quel laps de temps.
LA SYNTHÈSE DES PLANS D'ACTION
Principales lignes du plan marketing, et quelques recommandations d'actions
importantes, chiffres clés du budget. Quelques mots sur la stratégie
générale. C'est le moment de prendre des risques et d'évaluer
l'apport chiffré de chaque action importante : "Le lancement
de X apportera dans un délai de deux ans 15% du chiffre d'affaires
de l'entreprise et 10% de la marge totale. Les retombées de ce
lancement en terme de contribution concourront à la baisse générale
du taux de frais généraux de 5%.". Avec cette information
le résumé managérial joue son rôle d'incitateur
à la lecture et de clé d'entrée pour l'analyse et
les objectifs.
L'analyse utilitaire
L'analyse ne doit pas être exhaustive, elle doit être utile.
L'analyse donne les fondements des objectifs et de la stratégie.
On ne trouve ici que les points majeurs qui seront repris dans ces éléments.
Un point d'analyse utile :
explique la situation ou le contexte concurrentiel
dresse le bilan du produit
explique l'état de l'entreprise (financier, social ...)
explique l'évolution des clients
UNE DESCRIPTION FACTUELLE
C'est la description précise du point d'analyse. La source de ce
point est mentionnée lorsque cela est possible. Un graphique, un
tableau peuvent servir de support au texte.
Par exemple :
Taille du marché (en volume, en litre, en francs...) source Nielsen
ou autres
Poids et évolution des segments, sur un circuit, sur une période
part de marché de la concurrence sur un segment
évolution des marques dans le monde
évolution du consommateur
changement législatif
EXPLICATIONS
C'est la valeur ajoutée de votre analyse, il s'agit de donner votre
avis sur le point soulevé, de justifier sa présence et son
importance. Vous pouvez commenter, donnez des points de comparaison avec
d'autres marchés connus. Corréler avec d'autres points d'analyse
et dire en quoi la conjonction de ces points est un facteur atténuateur
ou accélérateur.
Expliquer à qui profitent les évolutions, dans quelle mesure
l'évolution du portefeuille produit est dangereuse pour l'entreprise.
LA CONCLUSION : LE CHAMP DES POSSIBILITÉS ET LES OPPORTUNITÉS
Pourquoi ce point d'analyse est pertinent
Par exemple:
Point d'analyse : marché en volume
Le marché du jet ski évolue de +40% par an. C'est un marché
très dynamique comme le VTT. Les parts de marché prise au
début valent de l'or lorsque le marché grandit.
Le système d'objectifs
RAPPEL DE LA VOCATION
Vocation, marché de base, métier de l'entreprise, business
définition sont des synonymes pour exprimer ce qui défini
le mieux la destination des efforts de l'entreprise sur son marché.
S'il y a lieu précisez les différents domaines d'activité
stratégique de l'entreprise et leur organisation.
L'OBJECTIF PRINCIPAL
L'objectif principal n'est atteint que lorsque toutes les actions recommandées
sont réussies sans exception.
L'objectif principal est précis, il est souvent exprimé
en terme de part de marché, volume, profit, contribution, notoriété,
image, comportement...
Les objectifs doivent être quantifiés et même si cet
exercice est difficile, il est possible de rappeler qu'une procédure
de révision adaptera les objectifs au fil du temps. Mais il est
important, avant d'engager les ressources de l'entreprise, de pouvoir
se représenter ce que sera le résultat si tout fonctionne.
L'objectif fait aussi partie du rêve, en restant réaliste,
l'objectif doit être ambitieux (ou argumenté comme tel).
LES OBJECTIFS INTERMÉDIAIRES OU SOUS OBJECTIFS
Les objectifs intermédiaires forment un système d'objectif
avec l'objectif principal. Tout concurrent, à différents
degrés, à la réalisation de l'objectif principal.
Un objectif marketing (gain de DV) peut comporter des sous-objectifs qui
ne sont pas d'ordre marketing (amélioration du système informatique
des commandes).
La stratégie recommandée
Ce sont les grands axes du plan d'action, leurs enchaînements et
leur organisation dans le temps.
La stratégie alternative (si nécessaire)
Si une stratégie alternative a une chance de pouvoir être
mise en oeuvre, il faut simplement la mentionner ici. Cette alternative
n'a pas pour objet de montrer que vous n'êtes pas parti aveuglément
dans une seule voie, mais de prévenir un éventuel échec
de la stratégie initiale. Dans cette éventualité,
les paramètres qui vont décider de la mise en place de cette
nouvelle stratégie doivent être définis.
Attention: cette alternative doit être induite par l'analyse, elle
ne doit pas tomber du ciel, la limite du hors sujet est vite dépassée.
Le plan marketing
Le plan marketing, déjà bien amorcé par la description
des objectifs, se résume ici à un planning des opérations
prévues en ligne avec les objectifs et la stratégie. La
justification du plan marketing est d'assurer la cohérence des
actions, et la délégation des tâches à l'intérieur
de l'entreprise. C'est un document récapitulatif de planification
auquel chacun peut se reporter.
Son articulation met ligne les objectifs, la stratégie et les actions,
pour en vérifier une dernière fois avant l'exécution
l'adéquation.
Les recommandations d'actions
Suivant le temps imparti au traitement du cas, il est possible d'aller
plus ou moins loin dans le détail des actions, en allant d'une
simple évocation des principes de base à l'exposé
tous les détails de la mise en place de l'action.
De manière certaine chaque description d'action comporte :
un objectif ou plusieurs objectifs
une description de l'action
sa modalité
sa cible
sa durée
les implications financières, humaines
les effets conjoncturels ou structurels
les résultats attendus
les critères d'évaluation.
Si plusieurs actions entrent dans la même logique il est préférable
de les associer pour ne pas répéter les éléments
communs.
Pour facilité la lecture une présentation standard des actions
est toujours appréciée.
La budgétisation
Il est primordial de chiffrer les actions proposées. Les finances
étant le nerf de la guerre, la rentabilité des entreprises
est un critère de succès. Il faut que les budgets mis en
oeuvre soient en adéquation avec les résultats attendus.
L'utilité de cette partie est de présenter un récapitulatif
budgétaire, sous forme de tableau ou de graphique, de la globalité
des actions, rassemblées et triées selon plusieurs critères
(temps, type d'action, degré de priorité).
Un commentaire sur les sommes investies, par rapport au passé,
par rapport au chiffre d'affaires, par rapport aux résultats attendus
ou tout autre paramètre est nécessaire.
Si vous ne connaissez pas le coût des actions que vous mettez en
oeuvre, partez de suppositions et dites le.
La check-list de l'homme de marketing
L'homme de marketing travaille au service de l'objectif global de l'entreprise.
Pour cela il dispose de différents éléments qui vont
composer sa stratégie, au travers du marketing-mix.
Vous trouverez dans les pages qui suivent une véritable boîte
à outils pour la composition des stratégies marketing. Cette
boîte à outils est constituée de quatre listes d'éléments
qui reprennent les grands thèmes de la démarche stratégique
d'une entreprise. Ces thèmes sont :
1. les objectifs de l'entreprise
2. les outils d'analyse
3. les éléments du marketing-mix
4. et les actions
5. Ces quatre éléments s'inscrivent dans une stratégie
Dans chacun des thèmes sont énumérés les éléments
que l'entreprise prend en compte pour atteindre son objectif principal.
Ces listes, vous le constaterez, sont incomplètes, et leur fondement
même est très critiquable. Leur but n'est pas de réduire
le marketing à un charriot de grande surface où viendraient
s'accumuler des éléments disparates dans l'espoir qu'ils
forment une stratégie cohérente. Leur but est de venir en
aide aux étudiants qui bâtissent leurs premières stratégies
sur base des cas proposés dans cet ouvrage. Et, pour l'avoir souvent
constaté, son utilisation amène de bons résultats.
Vous avez ici les mots, à vous de trouver la musique et l'orchestration
des notions entre elles.
Dans l'expression d'une stratégie tout est affaire de nuances et
de bon sens. Et même si chaque élément, pris individuellement,
est simple, "l'art" de la stratégie est de les mélanger
(d'où le mix-marketing) avec doigté dans un dosage original.
La même action prend des allures différentes suivant les
sous-objectifs de l'entreprise. Par exemple une baisse du prix tarif de
5% peut être interprétée de plusieurs manières,
suivant les objectifs et la stratégie de l'entreprise. Dans un
cas de stratégie de pénétration de marché
avec comme objectif une augmentation des volumes de vente, cette baisse
de tarif est une offensive sur les prix. Dans un cas de stratégie
de suiveur (challenger) cette baisse de tarif devient une action défensive
d'alignement par rapport au prix de la concurrence. Autre stratégie,
autre interprétation : accompagnée d'une volonté
de réduction des coûts de production, la baisse des prix
devient une interprétation de la chaîne de valeur.
Il est possible de multiplier encore les exemples, et l'intérêt
est de comprendre que : tout est affaire de bon sens, de nuance, de pertinence
et de dosage. Voici les meilleurs ingrédients, faites en bon usage
et inventez vos propres recettes de la rentabilité des entreprises.
Les buts et sous-objectifs des entreprises
Pour atteindre leur objectif principal (rentabilité des capitaux,
rôle social, pérennité de l'emploi, profit, synergie
des métiers ...), les entreprises se fixent des sous-objectifs.
Lorsque la totalité du système de sous-objectifs est atteint
alors l'objectif global et principal a toute les chances de l'être
aussi. Le choix entre plusieurs stratégies marketing se fait à
la lueur de ces objectifs.
Dans le cadre d'une étude de cas, chaque objectif sera précisé
et quantifié.
OBJECTIFS SUR LA STRUCTURE INTERNE
Objectif de modification de structure de l'entreprise
Objectif de chiffre d'affaires
Objectif de rentabilité par réduction des coûts fixes
ou variables
Objectif de réduction des coûts de production, des stocks
Objectif de rationalisation des outils, des conditionnements, de la force
de vente
Objectif d'internationalisation des activités
Objectif de volume pour atteindre un seuil de production, un seuil d'approvisionnement
Objectif de développement de la part des nouveaux produits dans
le chiffre d'affaires
Objectif de limitation des risques
Objectif de contribution (financière) des nouveaux produits aux
frais de l'entreprise
Objectif d'amélioration de la qualité des produits et services
Objectif de coopération industrielle
Objectif de rééquilibrage du portefeuille produit
OBJECTIFS D'ORDRE GÉNÉRAL SUR LE MARCHÉ
Objectif d'augmentation de part de marché
Objectif de pénétration sur un segment
Objectif de reconnaissance
Objectif de segmentation de l'offre
Objectif de changement de comportement des utilisateurs, acheteurs
Objectif de distribution (circuits plus ou moins longs)
OBJECTIFS PRÉCIS SUR LE MARCHÉ
Objectif de réduction des délais de paiement
Objectif de faire connaître un produit
Objectif de faire aimer une marque
Objectif de faire agir le consommateur
Objectif d'augmentation de la part en linéaire
Objectif d'augmentation du nombre de point de vente sur un circuit (DN)
Objectif de qualité des points de vente sur un circuit (DV)
Objectif d'accessibilité, la visibilité des produits
Objectif d'amélioration de l'image de marque
Objectif de développement du volume d'affaire de
Objectif de développement du nombre de client
Objectif de rassurance des consommateurs
Objectif de fidélisation de sa clientèle
Objectif de cohérence et d'harmonie de l'entreprise
Objectif d'offrir plus de solutions à un même consommateur
Les outils d'analyse du marché
L'analyse du marché constitue les données d'entrée
pour la réflexion marketing. Le marketing, comme un ordinateur,
se nourrit de données de toutes sortes. Et comme en informatique,
si les données sont mauvaises (ou pire fausses), ce qui en sort
ne peut être que mauvais (c'est le principe informatique du "garbage
in, garbage out"). Une bonne stratégie commence par une bonne
collecte d'informations.
ANALYSE DU CONSOMMATEUR
Étude qualitative, réunion de groupe consommateurs
Étude quantitative, par téléphone, en face à
face...
Étude primaire, secondaire
Omnibus par téléphone, télématique ou courrier
Études d'usage et attitude, de comportement
Panel de consommateur
Tracking, single source
Analyse multidimensionnelle (mapping)
Typologie, application des sociostyles ou des euro-sociostyles du CCA
Test projectif (TAT, folder test)
Étude des motivations et attentes du consommateur (étude
motivationnelle)
Étude de l'impact du merchandising sur le comportement du consommateur
Étude de comportement, analyse de la sensibilité du consommateur
Détermination des non-consommateurs absolus et relatifs, des consommateurs
de produits de substitution
ANALYSE DE LA MARQUE
Étude fondamentale sur la marque
Description des territoires de marques
Test de nom de marque
Test d'acceptabilité
Définition du potentiel de la marque
ANALYSE DU PRODUIT
Test de concept produit
Test de packaging
Tests de produits (goût, usage, conditionnement), test sensoriel
Étude d'image et de positionnement de produit
Segmentation en fonction du premier achat ou renouvellement
Analyse du portefeuille produit (matrice BCG, méthode de T. Levitt)
ANALYSE DE LA COMMUNICATION
Étude d'image et de notoriété
Test de logo, de packaging, de promotion, de PLV, matériel d'édition...
Pré-test, post test de campagne, test d'impact, test sémiologique
Test de concept d'un message
Baromètre d'image
Mesure d'audience, panel Audimat
ANALYSE DES CLIENTS ET DES DISTRIBUTEURS
Processus de décision d'achat des clients industriels
Panel distributeur Nielsen ou Secodip Intercor, panel scannérisé
Distriscopie
Étude d'urbanisme commercial
Étude de satisfaction de la clientèle
ANALYSE DES CONCURRENTS
Observatoire interne de la concurrence
Pige publicitaire
Analyse de la chaîne de valeur
Méthode Arthur D. Little
ANALYSE DU MARCHÉ DANS SA GLOBALITÉ
Marché test
Matrice de M. Porter
Matrice Mc Kinsey
Études documentaires
ANALYSE FINANCIÈRE
Contrôle de gestion
Audit financier
Capacité de financement de l'entreprise
Analyse des partenaires et des prises de participation possibles
ANALYSE DE L'ENTREPRISE ELLE-MÊME
Courbe d'expérience
PIMS program (Profit Impact of Marketing Strategy)
Analyse de la compétitivité de l'entreprise
Analyse des systèmes d'information
Statistiques internes
Audit de l'entreprise, de sa communication interne, audit social, audit
du système d'information
Définition des domaines d'activité stratégiques
Définition de la vocation de l'entreprise
Analyse technologique des méthodes de production
Organigramme, diagnostic organisationnel
Les éléments du marketing-mix
Si on connaît bien les fameux 4 P, on oublie que dans les années
60 aux USA la distribution n'était pas une variable aussi contraignante.
L'entreprise réalise souvent deux ventes, la première à
un distributeur, la deuxième à l'acheteur final. Si cette
dernière est bien cernée par les 4 P, la vente au distributeur
a maintenant droit à son mix, il s'appelle le trade marketing.
MARKETING - MIX CLASSIQUE
Produit (un bien ou un service)
Lancement de produit
Positionnement
Prise en compte des contraintes de fabrication
Modification de son cycle de vie
Modification des fonctions du produit
Intégration de nouvelles gammes de produits dans l'offre
Intégration de nouveaux fournisseurs de matières premières
ou de produits finis
Variation du budget recherche et développement
Programme de qualité totale
Prix
Changement de politique tarifaire
Modification conjoncturelle du prix
Modification structurelle du prix
Nouvelle répartition des centres de profits à l'intérieure
de l'entreprise
Distribution
Disponibilité sur un territoire
Politique de vente directe
Choix du canal de distribution
Politique de distribution par entrepôt
Politique de merchandisage, augmentation de la part en linéaire
Amélioration de la visibilité du produit au point de vente
Promotion et communication consommateurs
Augmentation ou diminution du budget marketing communication
Changement d'affectation des budgets média et hors-média
Stimulation de la demande primaire
Argumentation objective sur les plus-produit
Augmentation du taux et de la fréquence d'utilisation
Concentration de la communication sur un segment de la cible
Communication sur la marque institutionnelle ou sur une marque ombrelle
(caution)
Développement de la communication produit
Développement de la communication de la marque
Développement de la communication de l'entreprise
Développement de la communication institutionnelle
TRADE-MARKETING
Force de vente
Changement de cible de la force de vente
Changement de politique commerciale
Motivation financière
Stimulation
Changement de format, de répartition géographique
Promotion et communication distributeurs
Amélioration de l'image de l'entreprise auprès des distributeurs
Promotion conjointe avec le distributeur
Co-advertising
Communication systématique des périodes de promotion aux
distributeurs
Logistique
Aménagement du nombre de produit par colis
Adaptation des dimensions des colis, palettes.
Délai de livraison
Organisation et transmission d'informations
Circulation de l'information
Partage des sources d'informations du distributeur
Les moyens d'actions
Les moyens à la disposition des hommes de marketing, ne sont limité
que par leur imagination et malheureusement les budgets accordés.
Cette liste contient les moyens d'action les plus utilisés.
ACTIONS SUR LE PRODUIT
Adaptation du produit pour un nouveau segment
Réunion de plusieurs produits pour constituer une nouvelle offre
groupée (package de produit)
Ajouter du service à un produit
Modification d'emballage
Modification de packaging
Protection par brevet
Relancement d'un produit après modification
Lancement de produit (entièrement nouveau, partiellement nouveau,
superficiellement nouveau)
Modification de la valeur ajoutée du produit
Avec le même technologie produire un bien différent
Changement de technologie du produit
Édition de catalogue, fiche produit
ACTIONS SUR LES PRIX
Adaptation du prix de base (tarif officiel) de 1à 5%
Baisse ou hausse du prix de base de plus de 5%
Baisse ponctuelle du prix par une remise immédiate
Baisse du prix moyen annuel par une remise de fin d'année
Baisse du prix de vente au consommateur final (par prime directe ou différée)
Changement d'équilibre entre les remises de bases, remises quantitatives
et remises de service
Changement des délais de paiement
Changement du taux d'escompte
ACTIONS SUR LA DISTRIBUTION
Modification du canal de distribution
Ajout ou retrait d'un intermédiaire dans le circuit de distribution
Augmentation du nombre de points de vente
Amélioration de la qualité des points de vente
Référencement dans de nouvelles centrales régionales
ou nationales
Agrandissement du référencement dans certain circuit
Merchandising
Implantation de meubles de présentation
Implantation de matériel de délimitation de linéaire,
îlot, tête de gondole (TG)
COMMUNICATION
Détourner les contraintes légales
Améliorer l'image institutionnelle
Salon, foires, exposition et communication événementielle
Sponsoring, mécénat, actions caritatives
Parrainage sportif, télévisé
Communication média
Fabriquer un positionnement symbolique pour le produit
Réduire les écarts entre l'image voulue et l'image perçue
PLV
Communication écrite
Relation publique et relation presse.
Hors média
Mise en place d'actions de marketing direct
Augmentation de la couverture de la communication
Augmentation de la fréquence d'exposition à un message sur
une cible
Modification du ciblage de la communication
Évocation de nouvelles utilisations d'un produits
Animation dans les magasins, avec dégustation, essai...
Distribution d'échantillon
FORCE DE VENTE
Formation de la force de vente
Motivation des vendeurs
Coordination des équipes de ventes
Utilisation de force de vente supplétives
Utilisation de nouvelle méthodes de ventes
Changement des cibles de la force de vente
PROMOTION DISTRIBUTEUR
Mise en place de concours sur le lieu de vente
Animation et formation des vendeurs du magasin
Promotion sur les prix
Promotion par jeu-concours
Communication dans les magazines professionnels
LOGISTIQUE
Adaptation des expéditions du fabricants aux contraintes du distributeur
Baisse du délai de livraison
Baisse du minimum de commande franco
Utilisation d'un entrepôt
ORGANISATION
Mise en place de l'EDI (Échange de Données Informatisé)
Amélioration du circuit de commande
Facturation et paiement électronique
Connaissance des rotations aux points de vente en temps réel par
le fabricant
Système de livraison automatique
Consultation du stock fabricant par le distributeur
Prise de commande par téléphone
Liste des stratégies marketing
Pour finir cette succession de liste, les stratégies classiques
sont énumérées. Encore une fois, le rôle du
marketing est de choisir et de doser avec bon sens les éléments
qu'il a à sa disposition, et en aucun cas de choisir une solution
toute faite. La stratégie est le plan prévoyant l'ensemble
des actions à mettre en oeuvre pour atteindre un objectif, et les
combinaisons sont nombreuses.
Contrairement aux autres listes, ici, une explication par stratégie
s'impose.
LES STRATÉGIES GÉNÉRALES
Stratégie de replis
L'entreprise opère un retour au métier de base.
Kodak abandonne le marché de la vidéo, pour se replier sur
la photo argentique et numérique.
Stratégies proches : désengagement, désinvestissement.
Stratégie de maintien
L'entreprise conserve sa part de marché en adaptant légèrement
son offre aux évolutions de la demande.
Stratégie de fidélisation
L'entreprise conserve sa part de marché en rappelant sa présence
et en contrant la concurrence.
Stratégies de conquête
L'entreprise choisit une stratégie dynamique qui modifie fortement
sa position sur le marché (produit objectivement nouveau, nouveau
segment de clients, nouveau circuit de distribution...)
Stratégie de sophistication
Une entreprise utilise l'image particulière de sa marque pour lancer
des produits courants.
Chevignon utilise son image pour lancer des produits de papeterie.
Stratégie d'imitation
L'entreprise copie les produits leader.
Les marques de distributeur sont des imitations des meilleurs produits
de chaque rayon.
Stratégie de benchmarking
L'entreprise établit des normes supérieures issues d'entreprise
leader sur d'autres secteurs d'activité, et s'inspire des mêmes
méthodes pour progresser.
Stratégie de défricheur (first to the market)
L'entreprise cherche à être à tout pris le premier
intervenant sur un marché.
Stratégie d'éloignement
L'entreprise choisit un nouveau marché, une nouvelle activité
pour limiter sa dépendance face à son métier d'origine.
Philip Morris sort du marché du tabac (très controversé
aux USA) pour entrer sur les marchés agroalimentaires.
Stratégie de couverture maximum
L'entreprise cherche à satisfaire tous les besoins de tous les
segments de population par un offre appropriée.
Renault fabrique des voitures pour tous les Français
Stratégie d'épuration
L'entreprise retire de son offre tout ce qui est inutile par rapport au
réel besoin de ses clients.
Les hard-discounter ne décore pas les points de vente, le client
vient chercher un prix bas.
Spécialisation par segment de marché
Une entreprise se spécialise sur son segment de marché,
basé sur la connaissance de ce segment elle cherche à satisfaire
un grand nombre de besoins d'une même catégorie de consommateur.
Les fournituristes de bureau proposent les plus de produits possibles
sur leurs catalogues.
Stratégie proche : concentration
Stratégie de spécialisation sur une niche
L'entreprise prend un produit existant et le dédie entièrement
à un segment de clientèle
Un promoteur immobilier vend des appartements en résidence du 3ème
âge.
Stratégie de leader (meneur)
L'entreprise profite de sa position supérieure (en terme de coûts,
d'historique, d'expérience, de structure financière) pour
justifier et conforter sa position.
Stratégie de suiveur
L'entreprise suit le leader et le challenger dans leurs initiatives pour
maintenir ses parts de marché.
Stratégie de challenger (prétendant)
L'entreprise met en avant son dynamisme, ses bonnes relations de clientèle,
son organisation flexible pour prendre la place du leader.
Stratégie d'expansion géographique
L'entreprise agrandit son rayon d'action au delà de ses frontières
habituelles
En général il s'agit d'exportation, ou de produits régionaux
vendus dans toute le France.
Stratégie de croissance intensive
L'entreprise améliore la position de ses domaines d'activités
stratégiques, par la prise de parts de marché à la
concurrence.
Stratégie extensive de développement de marché
L'entreprise participe (par une action individuelle ou collective) à
l'augmentation de la demande primaire par le recrutement de nouveaux consommateurs.
Stratégie intensive de développement de marché
L'entreprise développe la consommation du même produit sur
les mêmes consommateurs en proposant de nouvelle utilisation, ou
en changeant les habitudes de consommation.
Le slogan "Le fromage c'est où on veut quand on veut"
développe la consommation en dehors des repas.
LES STRATÉGIES SUR UN ÉLÉMENT DU MARKETING-MIX
Stratégie de spécialisation par produit
L'entreprise développe toute les applications sur son produit phare
(leader), pour satisfaire de nombreux segment de marché avec le
même produit. Le produit n'est pas différencié, mais
l'offre peut être spécifique à chaque segment.
Un fabricant de panneaux de particules en bois vend le même produit
à la distribution (grandes surfaces de bricolage), aux industriels
du meuble, aux entreprise de bâtiment et aux artisans.
Stratégie de spécialisation d'une gamme
L'entreprise développe autant de déclinaison de son produit
qu'il en existe d'application.
Teac est spécialisé dans l'enregistrement analogique et
fabrique des platines cassettes de salon (2 pistes) et des enregistreurs
de studio (24 pistes).
Stratégie de spécialisation technologique
Une possède un savoir-faire technologique, qu'elle exploite pour
fabriquer divers produits, sans lien apparents.
Beecham, sur les mêmes connaissances chimique, fabriquait des colles
(UHU) et des produits cosmétiques (Williams).
Stratégie proche : proximité technologique
Stratégie d'innovation
L'entreprise apporte des changements suffisamment important à ses
produits pour qu'ils soient ou apparaissent nouveau.
Stratégie de différenciation
L'entreprise modifie les caractéristiques techniques de son offre
pour la distinguer des concurrents.
Stratégie de différenciation
L'entreprise modifie la communication sur son offre pour la distinguer
des concurrents.
Stratégie de positionnement
L'entreprise adopte un positionnement de produit fort, et communique dessus
Zest est le savon qui réveille.
Stratégie de distribution exclusive
L'entreprise cherche à être représentée seule
dans un point de vente.
Par exemple : système de franchise.
Stratégie de distribution sélective
L'entreprise choisit ses distributeurs selon certains critères,
lieu, présence de vendeurs spécialisés, possibilité
de démonstration.
Le vente de club de golf est subordonnée à la présence
d'un practice.
Stratégie de distribution intensive
L'entreprise essaye de multiplier la rencontre du consommateur par le
plus de point de vente possible.
Le même briquet BIC est en vente partout.
Stratégie de pénétration
L'entreprise pratique une politique de prix bas pour rendre son produit
attractif à un maximum d'acheteur.
Une entreprise de prêt à porter vend tous ses costumes à
prix unique, volontairement inférieur à la concurrence.
Stratégie d'écrémage
L'entreprise pratique une politique de prix haut, pour justifier un positionnement,
ou pour rentabiliser le produit avant qu'il ne soit copié.
Une entreprise de prêt à porter prestigieuse vend ses accessoires
à un prix psychologiquement élevé pour limiter l'accès
à sa marque, par contre le reste des vêtements est à
un prix normal.
Stratégie de discrimination
L'entreprise pratique une politique de prix haut, avec des remises accessible
uniquement à certains acheteur.
Un fabricant de carrelage a un différentiel de 50% entre le prix
par m² et le prix par palette pour favoriser les grossistes avec
stock.
Stratégie de pull (d'attraction)
L'entreprise communique pour rendre son offre désirable au point
que le consommateur demande expressément celle ci. Il s'agit de
faire acheter le produit.
La communication institutionnelle est un moyen pull
Stratégie de push (de stimulation)
L'entreprise rend son produit très accessible, en terme de prix,
de disposition... pour qu'il s'impose de lui-même au consommateur.
Il s'agit de faire vendre le produit.
La promotion (prime ou concours) et la PLV sont des moyens push
LES STRATÉGIES DE CROISSANCE EXTERNE
Stratégie de croissance externe
L'entreprise prend possession d'une autre entreprise, elle achète
une part de marché au lieu de la créer par le développement
de ses marques.
Stratégie de croissance intégrative
L'entreprise achète un concurrent direct, un fournisseur direct
ou un distributeur. C'est souvent une mesure de précaution.
Stratégie de diversification verticale
L'entreprise achète une entreprise avec qui elle pourra commercer
et développer des synergies.
Stratégie de diversification horizontale
L'entreprise achète une entreprise de même niveau. L'entreprise
achetée a souvent un point commun avec l'acheteur, même client
ou même fournisseur ou produits de même image...
Stratégie de diversification financière
L'entreprise prend des participations financières dans des entreprises
plus rentable que la sienne.
Politique de holding
Les stratégies sont différenciées en action, réaction,
anticipation. Ce découpage permet de décrire dans quel environnement
sont élaborés les réflexions. Il faut constater dans
la réalité que les apparences ne sont pas aussi simple.
Les entreprises ne sont pas faites d'un seul tenant, elles n'ont pas qu'un
seul métier, elles en ont parfois plusieurs, chacun regroupés
dans un Domaine d'Activité Stratégique (DAS). Pour un DAS
l'entreprise peut être en phase d'action, et en phase d'anticipation
sur un autre DAS. Cela fait d'ailleurs partie d'une stratégie d'avoir
plusieurs cordes à son arc, plusieurs marché qui ne sont
pas tous mûrs en même temps.
Méthodologie d'étude de cas
Avant tout, réussir une étude de cas est une question d'état
d'esprit. Pour faire la bonne analyse, prendre les bonnes décisions,
pour orchestrer votre somme de connaissances théoriques au service
d'une stratégie, il faut être un professionnel. Pour assumer
toutes les responsabilités du manager en marketing il faut jouer
son rôle. La bonne étude de cas commence par un jeu de rôle.
Il n'y a pas de solution et encore moins de correction unique à
un cas. Le marketing, quoi qu'en pense certain, n'est pas une science
exacte. La cohérence est plus importante que la pertinence des
stratégies et des tactiques proposées. La complexité
de la vie de l'entreprise est telle, que la qualité de votre travail
dépend plus de votre capacité à comprendre, analyser,
justifier, convaincre... qu'à trouver une solution meilleure que
celle des professionnels de l'entreprise.
En un mot : soyez un manager, vous deviendrez un manager, et vous conduirez
votre entreprise d'un jour vers le succès.
Présentation des études de cas
Tronc commun à tous les cas
Tous les cas décrivent à travers un énoncé
:
une situation de marché
une organisation (industrie, entreprise, association...)
une situation concurrentielle
Face à cette description, il faut produire une analyse, et prendre
une décision dans le cadre d'un plan d'action
ANALYSE
La liste de problèmes rencontrés n'est pas infinie, c'est
leurs combinaisons qui l'est.
Problème d'homme, de structure
Problème de positionnement
Problème juridique
Problème de production
Apparition de nouveaux concurrents
Poids important des fournisseurs
Une bonne analyse met en évidence les liens entre ces problèmes
simples.
· Identifier la nature des problèmes ou des opportunités
· Mobiliser votre expérience au service de la recherche
de renseignements théoriques ou factuels
LA PRISE DE DÉCISION
L'analyse est la base de vos décisions. Une décision, même
bonne, sans justification, ou sans la communication de cette justification,
est réputée mauvaise . Vous décidez de la stratégie
marketing à adopter
· Mobiliser vos connaissances acquises (votre savoir est, enfin,
mis en oeuvre)
· Justifier les décisions
· Orchestrer ses connaissances autour d'une stratégie
LE PLAN D'ACTION
C'est la partie visible de votre travail, c'est le résultat de
la stratégie choisie.
· Émettre des recommandations d'actions opérationnelles
· Formuler un plan marketing ou une simple recommandation d'action
Les types de cas
Dès la première lecture vous avez une vue générale
du problème qui se pose à l'entreprise, notez cette première
impression, c'est souvent un des facteurs clés de succès.
Cela vous permettra immédiatement de mobiliser les connaissances
à mettre en oeuvre pour le résoudre. En établissant
votre propre classement des cas par grandes catégories , vous retrouverez
facilement des situations analogues et des débuts de solutions
à confronter à votre analyse.
La difficulté du cas mérite d'être évaluée,
inutile de mobiliser trop de force pour un cas facile, en jugeant rapidement
la difficulté du cas vous améliorerez votre échelle
de priorité, les questions urgentes ne sont pas forcément
importantes.
Pour avoir une stratégie en phase avec les besoins de l'entreprise,
il est nécessaire de prendre conscience de la situation, et de
la genèse du problème. C'est pourquoi les cas qui vont suivre
sont classés en trois catégories : stratégie de réaction,
d'action et d'anticipation.
Dans la première catégorie les entreprises sont en déséquilibre,
elles n'ont pas vu venir les changements, et un des objectifs des stratégies
de réaction est de créer un nouvel équilibre à
la fois interne et externe (pour contrer un nouveau concurrent qui prend
des parts de marché, la politique de prix est révisée).
Les stratégies d'action visent à changer l'équilibre
établi, en ajustant les ressources internes de l'entreprise aux
effets souhaités en externe (pour conquérir de nouveaux
distributeurs une nouvelle méthode de commercialisation sera mise
en place).
Quant aux stratégies d'anticipation, elles ont pour objet de préparer
l'avenir en étudiant les risques d'une série de décisions,
elles sont prospectives et visent à préparer les forces
internes de l'entreprise pour s'adapter aux futurs changements externes,
ou même les provoquer. Le temps venu elles deviendront des stratégies
d'action (le commerce à distance prend de l'importance, comment
adapter les supermarchés de proximité ?).
Les principes de base
LA POSITION DE L'ÉTUDIANT
Vous êtes salarié de l'entreprise, sauf s'il est précisé
un autre poste (auditeur, publicitaire), mais dans tous les cas, le rôle
est celui d'un professionnel. Cela implique une certaine connaissance
du dossier.
Il n'est donc pas nécessaire de rappeler les évidences de
l'énoncé si l'évidence étaye une thèse,
ou un point d'analyse. Il n'est pas utile de rappeler la date de création
de l'entreprise, à moins que cela constitue une force par rapport
à la concurrence et que cet élément soit utilisé
dans les argumentaires de vente.
Le professionnel émet des hypothèses, lorsque les éléments
en sa possession ne sont pas suffisant il ne se cache pas derrière
des lacunes de l'énoncé, mais formule des questions à
résoudre dans le futur. Vous avez accepté cette étude
de cas (ou vous y êtes obligé, ce qui revient au même),
il est trop tard pour reculer, il faut assumer, faire des hypothèses,
proposer des solutions et éventuellement dire qu'elles sont partielles,
dire aussi comment ces solutions pourront évoluer à la lueur
de nouveaux éléments.
L'étude de cas consiste en partie à trouver des solutions
et pas à chercher des excuses. Votre position doit être positive.
LE STYLE
Le plus direct possible. Les phrases simples, même pour exprimer
un raisonnement complexe. Dites les choses clairement, prenez des risques.
Bien sûr le rapport est écrit à la première
personne (Nous... Je... nos clients...)
Le plus professionnel possible, pas de rappel de cours, pas de généralités.
Des mots de l'entreprise pour des problèmes d'entreprise.
N'en dites pas trop, qui prouve trop ne prouve rien. Un argument suffit
à justifier vos actions, ne cherchez pas la perfection, vous risquez
de trouver le fouillis.
Enfin votre rapport doit être enthousiaste, c'est votre projet,
votre métier, une partie de votre vie...
MÉTHODE DE TRAVAIL DE PRÉPARATION
1. Lecture active du cas
2. Déterminer le type du cas
3. Lister les problèmes à résoudre
4. Situer le contexte
5. Chercher des exemples de cas identiques
6. Lister tous les objectifs possibles
7. Lister les tactiques possibles
8. Lister les techniques de communication adaptées aux cibles
9. Bâtir un budget rapide
10. Donner un titre au rapport
11. Choisir un objectif et une stratégie
12. Commencer la rédaction du rapport
Conseil pour la rédaction du rapport
Plan idéal du rapport
1. Titre
2. Sommaire paginé
3. Résumé managérial
4. Analyse
5. Système d'objectifs
6. Stratégie (et les alternatives)
7. Plan marketing
8. Recommandation d'actions
9. Budget
Le titre
Idéalement le titre est évocateur de la façon dont
vous souhaitez traiter le cas. Le fait principal, l'axe majeur de la stratégie
à mettre en place ou encore l'objectif principal peuvent figurer
dans le titre.
Par exemple :
* à la conquête par le sourire
* le nouveau service-plus de la banque
* retrouver notre métier
* la bataille de l'image
Idem pour le titre de chaque partie de votre rapport, une évocation
du contenu est toujours bienvenue. Un titre efficace est indéniablement
mobilisateur.
Plus simplement, si vous manquez de temps et de créativité,
le titre annonce ce qui va être le coeur du sujet : plan marketing
de "nom de l'entreprise", ou le nom de code du projet.
Résumé managérial
C'est le fil directeur qui permet au lecteur d'apprécier en un
seul coup d'oeil le bien fondé du dossier. C'est la page du roi.
Cette page explicative est placée avant l'analyse et la stratégie,
pour justement servir de clé à la lecture de ces dernières.
Le résumé managérial se compose de trois parties.
LES FAITS MARQUANTS
Éléments principaux des points forts et points faibles
Éléments principaux du contexte économique
Fait marquant du produit, des parts de marché
Uniquement les éléments qui ont un rapport direct avec la
future stratégie.
L'OBJECTIF ET SYSTÈME D'OBJECTIFS
Énoncé de l'objectif principal du plan, ainsi que la liste
rapide des objectifs secondaires, sans aucune justification. L'aspect
synthétique ne doit pas faire oublier les chiffres. Si un objectif
est le recrutement de nouveaux utilisateurs, il faut préciser combien
et dans quel laps de temps.
LA SYNTHÈSE DES PLANS D'ACTION
Principales lignes du plan marketing, et quelques recommandations d'actions
importantes, chiffres clés du budget. Quelques mots sur la stratégie
générale. C'est le moment de prendre des risques et d'évaluer
l'apport chiffré de chaque action importante : "Le lancement
de X apportera dans un délai de deux ans 15% du chiffre d'affaires
de l'entreprise et 10% de la marge totale. Les retombées de ce
lancement en terme de contribution concourront à la baisse générale
du taux de frais généraux de 5%.". Avec cette information
le résumé managérial joue son rôle d'incitateur
à la lecture et de clé d'entrée pour l'analyse et
les objectifs.
L'analyse utilitaire
L'analyse ne doit pas être exhaustive, elle doit être utile.
L'analyse donne les fondements des objectifs et de la stratégie.
On ne trouve ici que les points majeurs qui seront repris dans ces éléments.
Un point d'analyse utile :
explique la situation ou le contexte concurrentiel
dresse le bilan du produit
explique l'état de l'entreprise (financier, social ...)
explique l'évolution des clients
UNE DESCRIPTION FACTUELLE
C'est la description précise du point d'analyse. La source de ce
point est mentionnée lorsque cela est possible. Un graphique, un
tableau peuvent servir de support au texte.
Par exemple :
Taille du marché (en volume, en litre, en francs...) source Nielsen
ou autres
Poids et évolution des segments, sur un circuit, sur une période
part de marché de la concurrence sur un segment
évolution des marques dans le monde
évolution du consommateur
changement législatif
EXPLICATIONS
C'est la valeur ajoutée de votre analyse, il s'agit de donner votre
avis sur le point soulevé, de justifier sa présence et son
importance. Vous pouvez commenter, donnez des points de comparaison avec
d'autres marchés connus. Corréler avec d'autres points d'analyse
et dire en quoi la conjonction de ces points est un facteur atténuateur
ou accélérateur.
Expliquer à qui profitent les évolutions, dans quelle mesure
l'évolution du portefeuille produit est dangereuse pour l'entreprise.
LA CONCLUSION : LE CHAMP DES POSSIBILITÉS ET LES OPPORTUNITÉS
Pourquoi ce point d'analyse est pertinent
Par exemple:
Point d'analyse : marché en volume
Le marché du jet ski évolue de +40% par an. C'est un marché
très dynamique comme le VTT. Les parts de marché prise au
début valent de l'or lorsque le marché grandit.
Le système d'objectifs
RAPPEL DE LA VOCATION
Vocation, marché de base, métier de l'entreprise, business
définition sont des synonymes pour exprimer ce qui défini
le mieux la destination des efforts de l'entreprise sur son marché.
S'il y a lieu précisez les différents domaines d'activité
stratégique de l'entreprise et leur organisation.
L'OBJECTIF PRINCIPAL
L'objectif principal n'est atteint que lorsque toutes les actions recommandées
sont réussies sans exception.
L'objectif principal est précis, il est souvent exprimé
en terme de part de marché, volume, profit, contribution, notoriété,
image, comportement...
Les objectifs doivent être quantifiés et même si cet
exercice est difficile, il est possible de rappeler qu'une procédure
de révision adaptera les objectifs au fil du temps. Mais il est
important, avant d'engager les ressources de l'entreprise, de pouvoir
se représenter ce que sera le résultat si tout fonctionne.
L'objectif fait aussi partie du rêve, en restant réaliste,
l'objectif doit être ambitieux (ou argumenté comme tel).
LES OBJECTIFS INTERMÉDIAIRES OU SOUS OBJECTIFS
Les objectifs intermédiaires forment un système d'objectif
avec l'objectif principal. Tout concurrent, à différents
degrés, à la réalisation de l'objectif principal.
Un objectif marketing (gain de DV) peut comporter des sous-objectifs qui
ne sont pas d'ordre marketing (amélioration du système informatique
des commandes).
La stratégie recommandée
Ce sont les grands axes du plan d'action, leurs enchaînements et
leur organisation dans le temps.
La stratégie alternative (si nécessaire)
Si une stratégie alternative a une chance de pouvoir être
mise en oeuvre, il faut simplement la mentionner ici. Cette alternative
n'a pas pour objet de montrer que vous n'êtes pas parti aveuglément
dans une seule voie, mais de prévenir un éventuel échec
de la stratégie initiale. Dans cette éventualité,
les paramètres qui vont décider de la mise en place de cette
nouvelle stratégie doivent être définis.
Attention: cette alternative doit être induite par l'analyse, elle
ne doit pas tomber du ciel, la limite du hors sujet est vite dépassée.
Le plan marketing
Le plan marketing, déjà bien amorcé par la description
des objectifs, se résume ici à un planning des opérations
prévues en ligne avec les objectifs et la stratégie. La
justification du plan marketing est d'assurer la cohérence des
actions, et la délégation des tâches à l'intérieur
de l'entreprise. C'est un document récapitulatif de planification
auquel chacun peut se reporter.
Son articulation met ligne les objectifs, la stratégie et les actions,
pour en vérifier une dernière fois avant l'exécution
l'adéquation.
Les recommandations d'actions
Suivant le temps imparti au traitement du cas, il est possible d'aller
plus ou moins loin dans le détail des actions, en allant d'une
simple évocation des principes de base à l'exposé
tous les détails de la mise en place de l'action.
De manière certaine chaque description d'action comporte :
un objectif ou plusieurs objectifs
une description de l'action
sa modalité
sa cible
sa durée
les implications financières, humaines
les effets conjoncturels ou structurels
les résultats attendus
les critères d'évaluation.
Si plusieurs actions entrent dans la même logique il est préférable
de les associer pour ne pas répéter les éléments
communs.
Pour facilité la lecture une présentation standard des actions
est toujours appréciée.
La budgétisation
Il est primordial de chiffrer les actions proposées. Les finances
étant le nerf de la guerre, la rentabilité des entreprises
est un critère de succès. Il faut que les budgets mis en
oeuvre soient en adéquation avec les résultats attendus.
L'utilité de cette partie est de présenter un récapitulatif
budgétaire, sous forme de tableau ou de graphique, de la globalité
des actions, rassemblées et triées selon plusieurs critères
(temps, type d'action, degré de priorité).
Un commentaire sur les sommes investies, par rapport au passé,
par rapport au chiffre d'affaires, par rapport aux résultats attendus
ou tout autre paramètre est nécessaire.
Si vous ne connaissez pas le coût des actions que vous mettez en
oeuvre, partez de suppositions et dites le.
Chapitre 2 CAS Banque Communale de Crédit
Résumé et questions
C'est un cas de positionnement de service, d'une difficulté moyenne.
A la veille de décider d'importants investissements, les dirigeants
de la Banque Communale de Crédit (BCC) sont en pleine réflexion
sur le véritable métier de banquier. Pour l'instant la BCC
offre les mêmes produits à tous ses clients. Son directeur
général se demande quelles sont les réelles attentes
des consommateurs de produits bancaires ? Tant en matière de produit
que de services.
Quels investissements seront apprécié à leur juste
valeur par les clients ? Trouvez les facteurs clés de succès
de la banque idéale. La stratégie marketing de couverture
maximale est-elle la seule alternative valable ? Faut-il créer
de nouveaux produits bancaires ? Faut-il créer des groupes de produits
(package) et les commercialiser sous un nouveau nom de baptême ?
Que pensez-vous des campagnes de publicité tant locale que nationale
? Les dépenses marketing publicité pourraient-elles se répartir
différemment ?
Titre 1 . La banque dans tout ses états
Jacques Guigal, directeur général de la renommée
BCC (Banque Communale de Crédit), relit pour la troisième
fois son plan d'investissements 1994. Dans son bureau de 50 m², situé
dans les quartiers résidentiels de la banlieue lyonnaise, au dernier
étage du nouveau siège social de la BCC, Guigal se demande,
très sincèrement, sur quelles bases prendre sa décision.
Le rapport qu'il a sous les yeux établi la liste des investissements
demandés au budget 1994, ce rapport a été préparé
par le directeur général adjoint. Guigal est partagé
entre deux sentiments antinomiques, il ne sait pas si ces investissements
sont ambitieux, donc trop haut, ou trop beaucoup trop faibles, par rapport
à des besoins de développement de la banque.
Le montant des investissements demandés en 1994 est de 15 millions
de francs, à titre de comparaison ils étaient de 40 millions
en 1986, année faste s'il en est, et de 35 MF en 1990. Mais pour
1994 le bénéfice prévisionnel n'est que de 1 millions
de franc. Et Jacques Guigal sait bien que ce chiffre est purement esthétique
et que la réalité financière de 1994 sera sans doute
la même qu'en 1993, et se soldera par une perte d'environ 5 millions
de francs.
Au fil de sa réflexion, la question ne se résume pas seulement
à un montant d'investissement, qu'il sait par ailleurs nécessaire,
mais s'élargit au concept même du métier de banquier.
Il se souvient d'une étude menée par un cabinet marketing
et dont à l'époque il avait préféré
ne pas trop tenir compte. La conclusion de cette étude
visait, maladroitement, à remettre en cause le service apportés
par les banques en général, et par la BCC en particulier.
L'idée avait fait son chemin et resurgissait aujourd'hui, au pied
du mur de la décision. Jacques Guigal avait un mois devant lui,
et décida de le mettre à profit pour lancer un plan de réflexion
à travers la banque. Tenant le faux prétexte de l'investissement
de 15 MF, il convoqua le comité de direction de la BCC et tint
ce discours, après en avoir avertit son directeur général
adjoint :
"Messieurs, nous sommes aujourd'hui le 15 septembre et je souhaite,
avant de statuer sur le montant et la répartition des investissements,
avoir un audit de la banque. Je veux m'assurer que nous sommes sur la
bonne voie, et que nos clients tireront un avantage des investissements
que nous avons prévu de réaliser. Vous l'avez compris, c'est
à travers les yeux de nos clients que je souhaite orienter votre
réflexion. Pour donner le maximum de chance à cet exercice,
que je juge prioritaire, je souhaite que tout autre projet soit stopper
pour un mois. Et je vous donne donc rendez-vous à tous le 15 octobre
pour vous écouter nous décrire, ce que j'appellerai la banque
idéale de nos clients. Encore un mot pour préciser qu'il
ne s'agit là ni de démagogie, ni d'une remise en question
de l'excellent travail que vous avez tous fourni par le passé,
mais simplement de pragmatisme et de volonté de gagner nos futurs
challenges. Dans l'intervalle, je serais, ainsi que le directeur général
adjoint, à votre disposition pour critiquer constructivement vos
avant-projets. A mon sens, rien n'est plus important que de consacrer
votre énergie sur ce sujet, car j'ai la conviction que de ces conclusions
dépend l'avenir de la BCC. Merci. "
A l'issue de ce discours, nombre de questions des membres du comité
de direction affluèrent. Ces questions ne se rapportaient pas à
l'audit en lui-même, mais à la manière de gérer
les affaires pendant le mois réservé à cet audit.
Jacques Guigal répondit patiemment à ces questions avec
un maître mot : la délégation. La banque ne compte
pas moins de 700 salariés, dont un tiers de cadres, laissez les
personnes responsables prendre les décisions pendant les semaines
de l'audit.
A part, Jacques Guigal demande au directeur marketing de lui donner les
éléments qu'il possède en l'état, pour se
forger sa propre idée.
Titre 2 . Le dossier marketing
Historique de la BCC
La BCC est implantée à Lyon et dans la région depuis
1955. La banque possède 18 agences à Lyon et dans sa proche
banlieue, et 45 agences dans la région Rhône-Alpes (c'est
à dire les départements de l' Ain, l'Isère, la Drôme,
Savoie, Haute-Savoie, Ardèche et Loire).
La BCC est reliée à d'autres banques régionales
au travers d'un réseau sous une enseigne mutualiste: l'Union Nationale
des Banques de Crédit. Ce réseau permet à la BCC
d'avoir une couverture nationale et même internationale. Ainsi les
clients de la région lyonnaise profitent des services des autres
banques du réseau lorsqu'ils sont en déplacement.
Le siège de l'Union Nationale est à Paris et offre des
services de haut niveau pour aider les banques régionales sur des
dossiers complexes tels qu'introduction en bourse de leurs clients, opération
de haut de bilan, opération de capital risque, opération
de couverture sur les devises étrangères, et surtout l'Union
Nationale permet un accès direct au marché des valeurs mobilières
(la bourse).
L'Union Nationale a aussi pour vocation de conseiller les banques régionales
sur leur politique générale, en tenant compte de toutes
les spécificités. L'Union Nationale procure aussi aux banques
régionales une série d'information sur les marchés,
des analyses sectorielles, des données économiques nationales
et mondiales. L'Union Nationale est membre de l'AFEC (Association Française
des Établissements de Crédit)
L'Union Nationale organise une ou deux campagnes de publicité
chaque année. En 1990 le budget avait été doublé
pour passer à 5 MF, mais devant le peu de résultats il a
été ramené l'année suivante à 2.5 MF,
les banques régionales pouvant compléter cette campagne
par d'autres actions sur leurs régions.
Stratégie marketing de la BCC
La stratégie marketing de la BCC est typique du milieu bancaire.
Peu de banque ont réussi à se positionner sur un segment
de population en particulier. La plupart des banques essayent, tant bien
que mal, de toucher toute la population. La BCC est une banque généraliste
et a toujours eu une stratégie de couverture maximale.
Selon leurs localisations les agences sont plus ou moins orientées
sur un certain type de clientèle (particuliers, entreprises, commerçants,
artisans, professions libérales).
Chaque agence a une clientèle spécifique, c'est le résultat
de sa zone de chalandise et en aucun cas d'une politique volontariste.
De fait, les 63 agences forment une structure de clientèle diversifiée
qui représente bien la population de la région.
La plupart des banques concurrentes présentent ce même aspect
généraliste, mais quelques unes ont réussi grâce
à la communication à avoir une image de banque plutôt
haut de gamme (alors que la clientèle est restée la même).
Les grandes menaces pour la BCC sont :
* arrivée de concurrents étrangers à Lyon (type Barclays)
* rémunération des comptes courants (loi européenne)
* banalisation du métier de banquier par la concurrence des grandes
surfaces (carte PASS de Carrefour)
* importance accrue des banques sans guichet (type Cortal)
Les grandes opportunités pour la BCC sont :
* un réseau de 63 agences bien intégrées au tissus
régional
· la possibilité de développer la vente de produits
non bancaire (assurance, voyage)
Les produits de la BCC
Les produits bancaires sont assez particuliers. Leur fabrication est
spéciale à plusieurs égards:
Souvent le produit est créé par le Ministère des
Finances, c'est le cas pour les "best sellers" des produits
d'épargnes, le PEL. Tout comme la création du PEL, celle
du PEA, dernier né des produits d'épargne, répond
à une mission précise, stabiliser les mouvements d'argent
sur la bourse de Paris.
Les produits bancaires, qui ont tous pour matière première
l'argent, sont très facilement copiables. Aucune banque ne peut
avoir d'exclusivité, sauf disposition particulière de la
loi (par exemple pour le Livret de Caisse d'Épargne est resté
longtemps le seul produit d'épargne à être non imposable)
Les produits se divisent en quatre grandes catégories : caisse,
titre, information et produits non bancaires.
PRODUITS CAISSE POUR LES PARTICULIERS
Moyens de crédit
Crédit personnel
Crédit voiture
Crédit travaux
Crédit étudiant
Leasing voiture
Avance en compte courant
Découvert
Découvert revolving
Carte de crédit (débit différé) (170 f/an)
Moyens de dépôts et de paiement
Chèque ordinaire (G)
Carte de retrait (55 F/an)
Carte bancaire à débit immédiat (120 f/an)
GAB, la BCC met 50 GAB à disposition de sa clientèle (G)
Chèques spéciaux (chèque de banque...) (35 f par
chèque de banque)
Change / Devises / Chèque de voyage
Ordre de virement (8 f)
Virement interne automatique (5.5 f)
Prélèvement automatique (G)
Moyens de placement
Compte sur livret (4%)
Bon de caisse / Bon d'épargne (4%)
PRODUITS CAISSE POUR LES ENTREPRISES
Crédit Court Terme, Moyen Terme, Long Terme
Crédit équipement, construction, exportation
Escompte, traites
Dailly
Leasing
Lettre de change automatique (avec exonération du timbre fiscal)
Service de paie
PRODUITS TITRES POUR LES PARTICULIERS
Produits de placement et d'épargne
Compte Épargne Logement (CEL) (4.5%)
Plan Épargne Logement (PEL)
PEA (Plan d'Épargne en Action)
PEP (Plan d'Épargne Populaire) (4.5%)
CODEVI (4.5%)
Compte d'épargne à long terme (6%)
Conseil et achat d'actions (courtage 0.05%)
Conseil et achat d'OPCVM (Organisme de Placement Collectif en Valeurs
Mobilières: FCP et SICAV)
Conseil et achat de part de SCPI
Conseil et achat d'obligation
Gestion de portefeuille
Garde de titre
Toutes opérations de courtage
PRODUITS TITRES POUR LES ENTREPRISES
Introduction en bourse
Prise de participation
Opération de Capital Risque
Placement d'obligations
Opération de leasing
Factoring
Modèles d'analyses financières
Conseils en prise de participations et rachat d'entreprises
PRODUITS D'INFORMATION POUR LES PARTICULIERS
Domiciliation (G)
Relevé de compte mensuel (G)
Relevé de compte hebdomadaire (200 f/an)
Relevé de carte de crédit (G)
Accès minitel (3614 code BCC) (270 f/an)
Messagerie vocale (36 65 40 40 Vocalyon) (4 f/mn)
GAB Guichet Automatique de Banque (pour des opérations autres que
des retraits de billets) (G)
Accès direct aux marchés des valeurs mobilières (courtage)
PRODUITS D'INFORMATION POUR LES ENTREPRISES
Accès RNIS
Information sur la trésorerie compensée
PRODUITS NON BANCAIRE POUR LES PARTICULIERS
Numismatique
Assurance vie
Autres types d'assurance
Voyage et vacances
Service de coffre
Service immobilier (proposition d'achat)
PRODUITS NON BANCAIRE POUR LES ENTREPRISES
Analyse sectorielle
Renseignement sur les clients et fournisseurs
Les clients de la BCC
La consommation des produits bancaires est tout aussi remarquable:
Les clients potentiels vont de la personne morale à la personne
physique
Les consommateurs de produits bancaires sont âgés de 0 à
plus de 100 ans
Une seule personne peut consommer un nombre quasi illimité de
produits bancaires
Sans client une banque n'existe pas, car elle manque de matière
première: l'argent. La politique de la BCC n'étant pas de
se refinancer sur le marché monétaire, elle doit trouver
chez ses propres clients la matière première; pour prêter
à d'autres ce que les uns déposent.
D'après plusieurs enquêtes, les principaux griefs fait à
la BCC sont les suivants:
* mauvais accueil dans les agences
* relation peu chaleureuse entre le banquier et ses clients
* services des autres banques plus intéressants
Si les deux premiers points sont justifiés, le troisième
est très subjectif car les produits sont intrinsèquement
les mêmes, seule change la manière de les présenter.
Intelligence accrue par rapport aux questions d'argent
De moins en moins nombreux sont les comptes avec un solde positif important
pendant une longue durée.
Les clients, avec les nouveaux moyens de communication, font bouger leur
argent très vite d'un compte à l'autre.
La part des dépôts rémunérés tend à
augmenter fortement.
Refus de payer les services bancaires
Le projet de faire payer les chèques, évoqué en
1988, a vite été abandonné, sous la pression des
clients et association de consommateurs.
Un chèque coûte environ 5 francs à la banque émettrice.
Utilisation accrue des cartes bancaires
Les clients utilisent de plus en plus ce moyen de paiement. La cotisation
annuelle est de 170 f pour une carte à débit différé.
La banque paie immédiatement les commerçants sur présentation
des facturettes, mais ne débite son client qu'en fin de mois. C'est
une avance de fond importante.
Utilisation des nouveaux moyens de communication
Les agences sont de moins en moins fréquentées (à
volume d'opération égale), les particuliers préfèrent
le téléphone, le minitel, et envoient leurs chèques
par courrier.
Les produits bancaires se divisent en deux grands ensembles : les produits
caisse et les produits titre. Les premiers sont souvent des produits basiques,
les second plus sophistiqués, forment une certaine différenciation
entre les banques.
Les produits caisse et titre sont divisés, en terme de fonctionnalités
et en terme de tarification, selon le type de clientèle (particulier
ou entreprise).
Lancements de produits en préparation
Produit Interato
Intérato est un produit de cash management (gestion de trésorerie)
pour les entreprises qui possèdent plusieurs filiales, ou plusieurs
succursales éloignées géographiquement.
Interato est un système sophistiqué, c'est un très
bon produit, il gère les trésoreries de plusieurs filiales
et remonte quotidiennement à la holding les liquidités cumulées
de toutes les entreprises.
Produit Internaissance.
Ce produit est générateur de ressources pour la Banque.
Il s'agit de faire proposer systématiquement par les maternités,
à chaques jeunes parents, l'ouverture d'un compte au nom du nouveau
né.
Les parents se verront offrir 100 faire-parts de naissance (imprimés
en interne à la BCC), contre une liste de 8 personnes de la famille
proche, si possible parrain, marraine, grands parents, oncles, tantes,
ou amis proches de la famille.
C'est la seule obligation pour les jeunes parents.
La BCC informe par lettre les membres de la liste qu'un compte est ouvert
au nom du nouveau né. Cette lettre sensibilise la famille sur l'importance
d'une réserve d'argent pour le nouveau né, et propose de
verser, sur le compte nouvellement ouvert, à peine plus de 1 francs
par jours, soit 400 francs à chaque anniversaire.
La lettre précise aussi le montant du capital disponible à
la majorité de l'enfant, la banque s'engage à conserver
le compte jusqu'à cette date, en versant des intérêts
de 8% par an, capitalisé annuellement.
A cette lettre est joint un coupon réponse avec une autorisation
de prélèvement automatique de 400 F par an.
Les tests effectués montrent que 60% des jeunes parents sont prêts
à accepter l'offre, et à donner 8 noms de leurs familles.
Le taux de remontés des coupons d'autorisation de prélèvement
est de 35%. Par contre il faut prévoir un taux de défection
des personnes contactées de 5% par an, après chaque versement.
Cette opération génère des coûts fixes par
contrat de 200 F pour l'impression de faire parts, la gestion des comptes
et les divers envois de courriers.
Pour simplifier, nous considérerons que les versements sont régulièrement
étalés dans le temps, tout au long de l'année (la
valeur collectée au 15 juin servira de base au calcul des intérêts
de l'année).
L'investissement initial de ce projet est de 300.000 francs, cette somme
sera amortie sur 4 ans.
L'argent collecté par la banque sera utilisé pour alimenter
des produits de prêts à un taux actuariel net de 11%.
Produit Intermariage
Ce produit est un crédit simple avec une franchise de 1 ans et
un remboursement sur 3 ans. Sa spécificité vient de la méthode
de proposition et de la cible.
Ce produit est proposé à tous les couples qui se marient
dans la région Rhône-Alpes, qu'ils soient clients ou non
client de la BCC. Dés la publication des bans, la banque présente
ses voeux de bonheur aux futurs époux, et leur propose, pour faire
face aux dépenses exceptionnelles du mariage et de leur installation,
un crédit de 25.000 francs. Ils n'auront rien à rembourser
pendant un an, ensuite ils payerons pendant 3 ans une mensualité
fixe.
L'espérance de réponses positives est de 10%, mais la BCC
n'accordera pas de crédit aux couples non solvables, soit environ
30%.
Le taux d'intérêt sera de 13%.
Les frais fixes de cette opération sont de 15 francs par publication
de mariage.
Produits groupés
La BCC souhaite regrouper plusieurs produits ensemble en donnant à
cette offre globale un nom particulier. L'avantage est de ne pas multiplier
inutilement le nombre de produit et de pouvoir cibler un segment de clientèle.
La liste des produits à grouper n'est pas encore finalisée,
ni les segments prioritaires.
La communication de la BCC
MESSAGE
La BCC a toujours eu une stratégie de communication institutionnelle.
Plus par obligation que par choix délibéré.
Le message est : " la banque proche de vos préoccupations"
Ce message est décliné par des mises en situation de différent
segment de clientèle :
particulier jeune
particulier jeune marié
particulier famille
artisans, commerçants
Aucune communication ne met en scène un industriel ou un chef
d'entreprise.
PLAN MÉDIA 1990, 1991, 1992
investissement en milliers de francs 1990 1991 1992
PQR
Le Progrès de Lyon 150 100 170
Le Dauphiné Libéré 50 45
Figaro Lyon 100 75 125
Presse gratuite
Couplage Comareg
(le 69, le 38, le 42, le 74, le 01) 70 60 60
Presse magazine
Supplément Rhône-Alpes du Figaro Magazine 320 500 350
Supplément Rhône-Alpes Télé 7 jours 65 90 120
Supplément Rhône-Alpes Express 60
Autres
Bulletin des Notaires 20 50 70
Petites Affiches Lyonnaises 25 45 80
RÉSULTATS
Le budget accordé à la publicité par la BCC est constant
depuis plusieurs années, il s'établit autour de 1 MF (comprenant
les frais techniques).
C'est très peu en comparaison de la pression publicitaire des
banques nationales qui ont accès à la TV.
Les différentes enquêtes de notoriété sur
la région lyonnaise, effectuées avant et après les
campagnes régionales et nationales, montre une stabilité
de reconnaissance de la BCC.
Notoriété spontanée 10%
Notoriété assistée 65%
HORS MÉDIA
A - Marketing direct
Depuis plusieurs années, la BCC mène de nombreuse campagnes
de communication directe auprès de ses clients. Ces campagnes sont
de plusieurs types:
- Mensuel : avec chaque relevé de compte les clients reçoivent
un dépliant de 2 ou 3 volets, annonçant les événements
(ouverture d'agence) ou les nouveautés (produits)
- Annuel : présentation des voeux de la BCC, document d'aide à
la rédaction des déclarations de revenus, IFU (Imprimé
Fiscal Unique)
- Exceptionnel : pour les lancements de produits à l'échelle
nationale l'Union des Banques de Crédits fait parvenir aux banques
régionales les différents matériels de ventes qui
donnent souvent lieu à un mailing particulier.
La base de données de la BCC est maintenue dans le centre informatique
général. Ce centre informatique a surtout une vocation de
gestion et de sécurité. Les indices intéressant le
marketing, tel que l'âge, le montant du plus gros virement mensuel,
le secteur d'ac |