Troisième partie : Les types d'études
I Introduction
Les études et enquêtes au service de l'entreprise se divisent
en quatre grandes parties : xx U ET A
Pour chacune de ces quatre parties, différents types d'enquêtes
sont utilisables :
v étude de satisfaction de clientèle,
v étude de notoriété,
v audit d'image,
v enquête interne,
v niveau d'intérêt des prescripteurs,
v étude de marché,
v etc.
Pour chacune de ces enquêtes, différents outils sont utilisables
:
v Entretien face-à-face,
v Entretien de groupe,
v Administration postale,
v Administration téléphonique,
v Méthode projective (à base de communication non-verbale),
v Etc.
Pour ce qui suit, c'est un parti pris de commencer par les études
documentaires.
Le schéma qui précède est à valider lorsque
la marque étudie un concept nouveau.
II Les études documentaires
D'une manière schématique, l'entreprise qui prend une décision
réagit en respectant quatre étapes:
idée----> recherches d'informations-----> décision
<---------------contrôle<-------------------------
Si l' " idée " est du domaine des dirigeants, comme
la décision d'ailleurs, il leur faut pour agir de façon
pertinente obtenir une somme d'informations.
Demande sera faite auprès des services administratifs, de la direction
commerciale par exemple, de fournir les précieux sésames
permettant de décider.
A Le processus de traitement de l'information
Ce processus mène à construire un système pertinent
de traitement de l'information.
Ses objectifs sont:
v alimenter en informations l'entreprise,
v trier ces informations et les hiérarchiser,
v fournir un volume de données utiles, fiables, homogènes,
utilisables et pertinentes aux demandeurs.
B Les sources d'informations
Une information peut provenir:
v de l'entreprise elle-même: ce sont des données internes,
issues du travail des salariés. Par exemple, les rapports de visites
de la force de vente informent sur l'état de la concurrence, les
réactions du consommateur, le chiffre d'affaires par types de commerce,...
v de son environnement: il s'agit d'informations externes qui sont classées
en fonction de l'implication de l'entreprise à les générer.
v informations externes secondaires ou documentaires,
v informations externes primaires.
Ce chapitre s'intéressera principalement aux sources documentaires.
C La définition des informations documentaires
Elles sont créées par des entreprises ou organismes pour
être divulguées à titre plus ou moins onéreux.
Accessibles à toutes les entreprises, elles sont très hétérogènes
et quantitativement importantes.
Indispensables pour gérer une entreprise, elles présentent
l'inconvénient majeur d'être connues de tous et donc de ne
pas être déterminantes. Ne pas les posséder deviendra
un handicap vis à vis des concurrents.
Leur diversité est en fait celle des organisations qui les émettent.
D Les principales sources documentaires
Si plusieurs classifications existent, toutes séparent les données
externes secondaires d'origine publique et para-publique de celles d'origine
privée.
1) Origine publique et para-publique
Nationales et internationales, les informations sont fournies par les
administrations au sens large du terme.
Elles publient une documentation abondante et riche.
Sources nationales Sources internationales
Ministères, notamment celui de l'économie et des Finances
Ministères étrangersAmbassades en France
INSEE Administrations européennes
CREDOC Chambres de commerce implantées à l'étranger
CECOD Organisation mondiale du commerce
Chambres de commerce et d'industrie Organisation de coopération
et de développement économique
Institut national de la consommation Organisation des nations unies
La documentation française Ambassades françaises à
l'étranger
Tableau 11 : sources documentaires
Très souvent gratuites, elles ont pour fonction principale d'informer
l'entreprise sur les nouvelles lois, règles, décrets, mesures
gouvernementales diverses,...Elles fournissent aussi des données
macro-économiques et génériques sur l'environnement
de l'entreprise.
2) Origine privée
Toutes les entreprises émettent des informations qualifiées
de documentaire. Des catalogues des concurrents aux rapports des syndicats
patronaux en passant par la presse professionnelle, tout est documentaire.
Il faut néanmoins distinguer trois grandes catégories de
sources d'origine privée.
- les organismes professionnels tels que le BVP, l'AACC, l'UDA,... dont
l'une des missions est d'informer.
D'autres organismes vendent très cher leurs services sur demande
spécifique et exclusive des entreprises. Dans ce cas, nous sommes
sur des sources externes primaires. A coté de cette activité
très rémunératrice et principale, ces entreprises
vendent à des tarifs très raisonnables des études
et des statistiques d'ordre général.
Citons la SOFRES, SECODIP, IPSOS, NIELSEN?...
- la presse professionnelle, qui à travers la diversité
de ses publications constitue une source d'informations brutes mais également
analytiques.
- INTERNET BANQUES DE DONNEES MINITEL
Le on-line permet des prouesses en terme de rapidité d'accès
à l'information. Aujourd'hui, quelques heures sont nécessaires
pour rassembler une masse d'information pertinente considérable.
Le principe de l'abonnement permet aux détenteurs d'information
de faire payer les consultations. Certaines banques de données
restent accessibles uniquement sur Mintel, mais leur migration vers internet
est rapide.
En dehors des données accessibles uniquement sur abonnement, le
reste de l'information est gratuite. On y accède par des moteurs
de recherche qui accepte les mots clés de votre recherche et vous
donnent les adresses des sites à visiter. Il n'y a plus qu'à
copier sur disque dur ce que l'on veut utiliser et retenir les adresses
des sites que l'in veut re-visiter.
III Les panels
A Généralités
1 définition
Le panel est un échantillon fixe, auprès duquel l'observateur
recueille des informations selon une fréquence soit régulière
soit irrégulière. La répétition de l'observation
permet d'apprécier l'évolution d'un état (par exemple
: évolution de la consommation des produits laitiers).
On pourrait les comparer à un film alors que le sondage peut être
comparé à une photo.
2 historique
Les panels sont nés en 1929 aux U.S.A et sont apparus en 1950 en
Grande Bretagne
Ce n'est qu'en 1954 que la STAFCO (statistiques françaises de consommation)
l'a introduit en France.
C'est un procédé très répandu dans les pays
développés et qui abordent un grand nombre de domaines.
C'est une vision dynamique de ce qui est observé, contrairement
au sondage.
Pour les entreprises, la notion de panel présente trois visages
:
v panels de consommateurs,
v panels de distributeurs,
v panels spécifiques comme ceux de l'industrie pharmaceutique
B Panels de consommateurs
1 Définition
C'est un échantillon fixe de consommateurs interrogés périodiquement
sur leurs consommations.
Par exemple :
v France: Panel des éleveurs bovins: 800 membres interrogés
3 fois par an;
v U.S.A.: Market Research Corporation of America: 10.000 familles interrogées
par mois.
v Panel Iri-Secodip : 8 000 foyers, représentatifs de la population
française et équipés de home-scanners (terminaux
à lecture optique lisant les code-barres sur les emballages des
produits) déclarent quotidiennement leurs achats de produits alimentaires,
d'hygiène, de santé, d'entretien, de textile, et chaussures.
Outre les informations contenues dans le code-barre, le panéliste
indique le lieu d'achat (type de magasin et d'enseigne), le prix, la quantité
achetée, l'utilisateur, le jour d'achat, le montant du ticket global
et les éventuelles offres promotionnelles "on pack".
10 millions d'actes d'achat sont ainsi recensés chaque année.
La taille et la fréquence d'un panel sont liées à
la définition même de sa population qui induit la fréquence
d'interrogation (hors problème de coût).
Cependant, quel que soit le panel, le principe de fonctionnement est identique.
Depuis quelques années les panels concernant la consommation des
ménages récoltent l'information par l'intermédiaire
des outils informatiques.
2 Caractéristiques
L'exemple ici traité est celui de SECODIP .
a) Constitution de l'échantillon
a) Population de base
v La taille de l'échantillon : les 8 000 foyers sont représentatifs
des 23,2 millions de ménages français, y compris des hommes
seuls.
v La représentativité des enseignes est garantie par un
maillage du panel sur 2 800 communes, Les 8 000 panélistes fréquentent
15 000 lieux de vente dont 7 300 Hypers/Supers.
b) Sélection
Les échantillons sont tirés au sort à 2 niveaux:
v communes
v ménages
La documentation de départ étant fournie par le recensement
INSEE.
Un ménage est sélectionné.
A la suite d'une visite d'une enquêtrice, celle-ci l'informe le
futur paneliste sur le but de sa visite :
v information sur le panel avec ses contraintes et son but,
v catalogue des cadeaux si le ménage accepte de devenir paneliste,
v enquête sur la personne interrogée pour vérifier
qu'elle correspond aux critères attendus: âge, condition
socioprofessionnelle, composition du ménage, habitat.
b) Renouvellement
Les panelistes sont renouvelés assez fréquemment (¼
du panel par an) et ceci pour plusieurs raisons:
v certains ménages cessent de répondre par lassitude, désintérêt,...
v certains ont des caractéristiques qui changent: promotion ou
au contraire chômage, naissance ou décès, déménagement,...
v certains sont éliminés malgré leur sérieux
car ils sont victimes de la pyramide des âges: on augmente le nombre
de jeunes ménages, et on diminue celui des vieux ménages
(phénomène de vieillissement du panel);
v certains ne respectent plus les règles du jeu et répondent
n'importe quoi.
c) Fonctionnement
Le panéliste enregistre tous ses achats quotidiennement par lecture
du code barres des produits entrants dans le foyer. Il lui reste à
indiquer sur le terminal
v le conditionnement,
v les quantités,
v le prix unitaire,
v le lieu d'achat,
v les promotions.
Le panel posera les questions demandées par son commanditaire.
Les questionnaires sont vérifiés à leur arrivée
pour éliminer les incohérences (prix / marque) puis traités.
d) le résultat
Les entreprises qui désirent bénéficier des services
SECODIP souscrivent des abonnements annuels par produit. Plus la classe
du produit est étendue, plus le prix de l'abonnement est élevé.
Par exemple, l'abonnement pour les sous-vêtements hommes et femmes
est moins cher que celui pour l'ensemble des vêtements.
SECODIP fournit 3 catégories de renseignements:
v des résultats mensuels: pour chaque groupe de produit auquel
l'abonné a souscrit, celui-ci reçoit l'indication du nombre
d'acheteurs et des quantités achetées par marque, variété,...
v des résultats trimestriels: les indications précédentes
sont à nouveau traitées et présentées selon
le type d'habitat, les régions, les circuits de distribution, les
types de magasins, les caractéristiques socio-économiques
des ménages,...
v des analyses spéciales: elles sont établies à la
demande d'un abonné et facturées en supplément.
Différents modèles permettent ainsi à une entreprise
à la fois de bien connaître la structure de son marché
(aspect statique), ainsi que son évolution dans le temps, sous
l'effet de ses propres actions marketing, mais aussi celles de ses concurrents
(aspect dynamique).
L'abonnement annuel aux résultats du panel évolue de 150
000 F à 400 000 F en fonction du nombre de produits suivis.
e) Forces et faiblesses
a) Forces
1ère force: outil quasi indispensable pour les entreprises intervenantes
au niveau de la grande distribution, par exemple pour suivre la fidélité
envers un produit, une enseigne
2ème force : outil en contenu ce qui permet d'obtenir des informations
en terme de temps (cycle de vie) . On a donc des indications sur :
v le rapport publicité et communication,
v la force de vente,
v le chiffre d'affaires par rapport au volume de ventes
La réunion de tous ces éléments constitue un style
de " single source "
3ème force: outil d'analyse de la géographie des ventes.
On peut donc se poser des questions sur
v la distribution: quelles sont les plus fortes rotations,
v la force de vente : poids des régions et efficacité des
vendeurs,
v le consommateur : quelles sont ses préférences et pourquoi
choisit-il tel produit plutôt qu'un autre ?
4ème force: outil d'analyse pour comprendre l'apparition d'un
concurrent sur un marché ou l'expansion de ce dernier.
b) Faiblesses
1ère faiblesse: son coût car il réclame un budget
compris entre 150 000 et 400 000 francs. Cela grève généralement
les budgets marketing.
Ce rapport qualité prix peut être jugé insuffisant
par certains entreprises de taille modeste, l'information interne, si
elle est maîtrisée, pouvant amener des réponses.
2ème faiblesse: liée à la notion d'échantillon.
Malgré les précautions, cela n'évite pas les effets
pervers.
3ème faiblesse: liée au panéliste. Le maniement
de l'outil informatique rebute une partie de l'échantillon. Il
reste également l'évolution socioculturelle qui tend à
des consommations qui échappent au panel consommateur, alimentaire
surtout (fast-food, cantines, temps de travail, loisirs)
C Les panels de distributeurs
a) Définition
Un panel de distributeurs, également appelé panel de détaillants,
est un échantillon statique permanent de points de vente de détails,
représentatif à un moment précis d'un univers commercial
défini, permettant de suivre de façon continue et à
intervalles réguliers l'écoulement des produits de grande
distribution à travers les différents circuits de distribution.
Trois grandes sociétés utilisent cette méthode :
NIELSEN, IRI-SECODIP, GFK.
b) Intervenants
Les sociétés NIELSEN et IRI-SECODIP ont substitué
à leur panel bimestriel (panel traditionnel) un panel hebdomadaire
sauf pour les panels des supérettes et des points de ventes traditionnels.
Le panel scantrack (depuis janvier 1995) de la société NIELSEN
et le panel infoscan (depuis janvier 1994) de la société
IRI-SECODIP couvrent le secteur alimentaire.
En effet, toutes les deux proposent des panels alimentaires composés
de grandes et moyennes surfaces.
A l'inverse, la société G.F.K. s'est spécialisée
dans le secteur des biens durables et semi-durables.
Même si NIELSEN connaît également ce type d'activités.
Les panels de GFK peuvent être soit bimestriels, comme les deux
précédents, soit mensuels. Mais de quelles manières
s'effectuent les panels?
c) Organisation
La société NIELSEN dispose d'inspecteurs qui passent tous
les deux mois dans les points de vente de l'échantillon afin de
compter les stocks dans les magasins et les réserves et effectuer
un relevé complet des achats faits par le détaillant pendant
la période de 2 mois précédents la visite. Ainsi,
nous pouvons établir la relation suivante qui détermine
les ventes aux consommateurs./
v vente pendant la période = Stocks en début de période
+/- achats pendant la période
v les ventes aux consommateurs;
v les achats des détaillants et leurs stocks;
v les ruptures de stocks et les niveaux de distribution (la distribution
numérique DN est le pourcentage de magasins référençant
la marque par rapport à l'univers commercial concerné ;
la distribution valeur DV est la part du chiffre d'affaires total de la
classe de produits, réalisée par la marque référençant
la marque étudiée)
v les mesures se rapportant au linéaire
Le panel INTERCOR , mis en place par SECODIP, couvre les détaillants
en grandes et moyennes surfaces comprenant 95 hypermarchés, 160
supermarchés, 100 supérettes, 50 magasins populaires et
250 magasins traditionnels.
150 enquêteurs équipés de terminaux de saisie portables
constituent le réseau d'enquêteurs SECODIP.
Ainsi, le panel étudie les produits des grandes et moyennes surfaces,
des marchés de crémerie, épicerie, boissons, hygiène,
beauté ce qui représente 30% de leurs activités.
d) Domaines d'intervention
La société GFK gère des panels de détaillants
pour les marchés suivants:
v alimentation;
v produits de beauté, cosmétique, entretien;
v peintures, papiers peints;
v papeterie;
v petit électroménager;
v gros électroménager;
v accessoires automobiles.
Les panels sont désormais scannérisés pour l'ensemble
des sociétés, bien que pour certaines, comme GFK , le développement
s'effectue en fonction de l'évolution du taux de scannérisation
des produits audités et de l'utilisation du procédé
de lecture optique par les distributeurs. Ainsi, certains produits et
marchés testés (HiFi, sport, jouet, électroménager)
ne se prêtent pas encore à la lecture et à l'exploitation
de Gencods.
En revanche, les panels alimentaires sont entièrement et directement
confrontés au scanning aboutissant à des nouveaux moyens
d'informations. Désormais, celles-ci sont fournies sur des disquettes,
des CDRoms ou sont accessibles via le système de transmission des
données RNIS pour les gros marchés.
La société de panel elle-même ou le chef de service,
éditeront eux-mêmes des tableaux de bord ad hoc dès
réception des résultats, afin d'analyser les données
de base issues du panel.
D Les autres panels
1) les panels mixtes
Parfois les panels de détaillants et les panels de consommateurs
sont regroupés en un seul: le panel mixte permettant ainsi de mesurer
l'effet sur les ventes d'action marketing.
Nous étudierons à travers les sociétés SECODIP
et NIELSEN deux exemples précis.
Tout d'abord le scannel de SECODIP est un panel local intégré
de détaillants et de consommateurs.
Dans la zone de Chateau-Thierry, le Scannel (Iri-Secodip) comprend 4 magasins
équipés en de lecteurs optiques de codes barres, 3 000 ménages
" scannelistes " représentant l'univers des 15 000 ménages
de la zone, repérés par une carte d'identification aux caisses.
Le scannel a été conçu pour mesurer l'effet d'actions
marketing.
Puis le SCAN 7 000 de la société NIELSEN est un panel de
consommateurs qui permet de suivre en permanence le comportement d'achat
de 7 000 ménages, situés autour de 14 magasins équipés
en lecteurs optiques de codes-barres et répartis sur l'ensemble
du territoire métropolitain. Dans chaque magasin, une personne
assure le relevé des promotions, des linéaires et de la
publicité locale.
Enfin, nous pouvons ajouter à cette liste les panels professionnels.
2) Les panels professionnels
Ce sont des panels gérés par une entreprise (panel Basse
Tension domestique d'EDF, le panel des lignes de France Telecom) , soit
pour le compte d'une profession (panel agricole de BVA permettant de mesurer
l'évolution des consommateurs de produits phytosanitaires sur différents
marchés agricoles, les panels gérés pour l'industrie
pharmaceutique par IMSDOREMA) soit des panels d'audience (panel MEDIAMAT).
IV Les études quantitatives
Si les enquêtes ponctuelles datent de l'Antiquité Romaine,
leur utilisation au sein de l'entreprise, même au niveau des PME-PMI,
intervient dès les années soixante.
Le sondage et le recensement sont les deux formes possibles des enquêtes
ponctuelles.
Très utilisées pour obtenir une information exclusive et
non fournie par la recherche documentaire, elles permettent par l'interrogation
ou l'observation de récolter des résultats, véritables
réponses au manque d'information, à un moment donné.
A L'interrogation ou l'observation
Pour collecter de l'information, les chargés d'études emploient
soit l'interrogation, soit l'observation :
v L'interrogation est une technique de communication écrite, orale,
visuelle, audio ou audiovisuelle, qui met en relation un enquêteur,
formé à ces outils, à un enquêté (ou
un répondant) qui répond à des questions portant
sur des faits, des opinions, des sentiments, des attitudes, des motivations,
des freins ou des intentions.
v L'observation consiste à constater, à enregistrer puis
à interpréter des situations données dans lesquelles
l'enquêté exprime une opinion, un sentiment ou un comportement.
L'essentiel des enquêtes fait appel à l'interrogation.
En effet, l'observation nécessite un matériel sophistiqué
et une préparation plus longue et plus minutieuse que l'interrogation.
B Comparaison entre recensement et sondage.
La différence majeure entre ces deux types d'enquêtes ponctuelles
réside dans le nombre de personnes interrogées.
Si le recensement s'adresse à l'ensemble de la population mère,
le sondage obtient, à partir d'un échantillon représentatif
de ladite population, des résultats extrapolables à l'ensemble.
Ainsi, il faut procéder à un choix des enquêtes dans
le sondage, ce qui est inutile pour le recensement.
La rédaction du questionnaire, son test, le choix et la formation
des enquêteurs sont des étapes communes à ces enquêtes
ponctuelles.
Tableau comparatif sondage/recensement
Caractéristiques Sondage Recensement
Population interrogée échantillon représentatif toute
la population mère
Durée sur une même population mère limitée
longue
Coût modéré important
Interrogation conseillée indispensable
Observation possible inadaptée
Tableau 12 : Tableau comparatif sondage/recensement
Il reste la phase de la collecte de l'information et administration du
questionnaire.
C'est généralement la phase la plus coûteuse de l'enquête
mais également la plus délicate car créatrice d'erreurs
et de biais :
v manque de formation et/ou de conscience professionnelle des enquêteurs.
Ils peuvent influencer les répondants, ou pire remplir eux-mêmes
les questionnaires.
v Incompréhension des questions par l'enquêté.
v Non-réponse à des questions et non-restitution des questionnaires.
v Profils de répondants difficiles à trouver dans le cas
de population rare (qui représente une part faible de la population
totale).
Le chargé d'études fait, lors de la mise en uvre
d'une enquête, un choix entre plusieurs formes de sondage ou de
recensement en fonction du mode d'administration qui dépend :
v du thème de l'étude
v de la forme du questionnaire
v du couple coût/temps
C Les enquêtes par entretien
Elles sont très utilisées en France (plus de 50% des enquêtes).
C'est un enquêteur, formé pour ce type de communication,
qui interroge un répondant en respectant les instructions strictes
du chargé d'études.
Ce rôle d'intermédiaire de l'enquêteur entre le "
fournisseur " et le " collecteur " d'informations fait
de lui le pivot de la fiabilité des résultats. Des conclusions
pertinentes fondées sur une information erronée représentent
une solution inacceptable.
Plusieurs possibilités sont envisageables :
Face à facedans la rue face à faceau domicile face à
faceen caravaneendroit clos proche des lieux de vie face à facesur
le lieu de vieachat, travail, etc.
enquête au téléphone
Caractéristiques - enquêté peu disponible- questionnaire
court- réponses pauvres (fondées sur la mémoire)
- bonnes conditions matérielles- vérification " in
situ " des réponses- prise de rendez-vous par téléphone
- enquêtés recrutés dans la rue- création d'un
environnement accueillant - utile pour les tests produits - thème
en rapport avec le lieu d'enquête- bonnes conditions matérielles-
prise de rendez-vous par téléphone - problème de
la dispersion géographique résolu- construction du questionnaire
avec peu de questions ouvertes
Avantages - coût faible- interrogation à chaud (sortie de
magasins, cinémas,
) - situation rassurante pour les enquêtés-
informations sincères et riches- utilisation possible de documents
visuels, audio
- informations sincères et riches- utilisation
possible de documents- enquêteurs surveillés par le chargé
d'études - coût important- accord des dirigeants - coût
à l'enquêté faible - bonne qualité de la représentativité
de l'échantillon- rapidité de la collecte d'informations
Inconvénients - conditions de réalisation peu propices (bruit,
pluie, froid
)- plan de sondage difficile à exécuter
- risque d'être assimilé à une vente- coût élevé
- réticence des enquêtés- coût de l'installation-
plan de sondage difficile à réaliser - ressemblance avec
la prospection commerciale- incertitude sur l'identité du répondant
Tableau 13 : tableau comparatif des méthodes d'enquête
L'entretien en face à face ou téléphonique est une
source de biais par la seule présence de l'enquêteur.
Biais dus à l'enquêteur Biais dû à l'enquêté
- présentation orientée du questionnaire et/ou des questions-
commentaires interrogatifs- transcription des réponses fantaisiste
et/ou erronée. - volonté d'impressionner, de séduire,
d'épater l'enquêteur- mensonge du à la présence
d'une troisième personne (ami, collègue
)
Tableau 14 : les biais
Les nouveaux moyens de communication commencent à modifier l'équilibre
entre ces méthodes. Le téléphone se développe
et que dire du multimédia.
D Les enquêtes par correspondance
Envoyé par le canal de la Poste, le questionnaire est accompagné
:
v d'une lettre destinée à présenter l'objet de l'étude
et à motiver le répondant,
v d'une enveloppe T : le destinataire paie les frais postaux.
Par exemple : l'étude sur la consommation des Français
(ESCF) présente son long questionnaire par ces mots d'introduction
:
" Votre foyer a été sélectionné pour
participer à une étude sur la consommation. Cette étude
a pour objectif de déterminer quels produits méritent aujourd'hui
votre confiance et quels produits vous espérez connaître
demain
Répondre, c'est d'abord prendre part à l'amélioration
de la production et éviter un certain gaspillage. C'est encore
affirmer vos goûts, faire connaître vos besoins réels
et vos exigences afin d'aider les fabricants à faire les bons choix.
Pour vous remercier de votre participation, vous recevrez des bons de
réduction, des informations sur les produits que vous consommez
ou susceptibles de vous intéresser. Consacrez-nous un peu de votre
temps. Merci de nous répondre rapidement. C'est important de nous
aider à mener au mieux cette étude.
Le Responsable ESCF
P.S. N'oubliez pas de nous indiquer sur le questionnaire joint, vos nom
et adresse afin de recevoir vos bons de réduction. "
Tableau 15 : schéma d'une enquête à administration
postale
Le questionnaire est auto-administré ce qui implique qu'il doit
être particulièrement cohérent. L'enquêté
est seul pour répondre, sans aide.
L'avantage est un coût moindre, tout en permettant une large dispersion
géographique. Par contre, il faut posséder un fichier nominatif,
avec adresses. Le principal inconvénient reste le taux de réponses
faible, entre 5% et 10%.
Il est toutefois possible d'améliorer le taux de réponse
par des procédés créatifs et incitatifs :
v lettre d'accompagnement motivante,
v promesse de cadeau en cas de réponse rapide,
v relance téléphonique.
E Les enquêtes quantitative et qualitative
A mi-chemin entre l'étude quantitative ponctuelle et l'étude
qualitative, la méthode RBL Hélioscopie est une intervention
pragmatique de recherche de l'information.
Hélioscopie RBL est un dispositif informatisé de communication,
capable de prendre en compte et de mesurer des informations qualitatives
et quantitatives.
La première idée consiste à utiliser la couleur comme
un mode d'expression à la manière des feux de la circulation
:
(vert : je passe, rouge : je m'arrête, oranger : plusieurs solutions).
Ainsi, plutôt que de donner son avis d'une façon binaire,
comme dans le sondage traditionnel (pour-contre ; oui-non), il devient
possible de se positionner par rapport à un certain nombre de critères
à partir d'une échelle colorée, toute en nuances.
Vert pour dire : je suis tout à fait d'accord X
Vert clair -- -- -- : je suis plutôt d'accord X
Orange -- -- -- : j'ai un avis partagé X
Rouge clair -- -- -- : je ne suis pas tellement d'accord X
Rouge -- -- -- : je ne suis pas du tout d'accord X
Blanc -- -- -- : je ne peux pas répondre X
Noir -- -- -- : je ne veux pas répondre X
Tableau 16 : échelle couleur
Par correspondance et en face à face, ce procédé
anime la communication et attire l'intérêt du répondant.
V Les études qualitatives
Les études de motivation sont la coordination de méthodes
psychologiques et statistiques.
Les études qualitatives se situent au début du processus
de recherche marketing ou lors d'un changement dans les caractéristiques
d'un produit ou d'une marque.
Par exemple : lors du changement de packaging ou d'une modification d'un
logo l'entreprise fait appel aux études qualitatives pour valider
les propositions créatives des agences spécialisées.
A Les différents types d'études qualitatives
La mise en uvre d'une étude qualitative nécessite
d'effectuer au préalable un choix entre les trois types d'études
suivantes :
v L'entretien individuel,
v les réunions de groupe,
v l'observation.
1) L'entretien individuel,
L'entretien individuel est destiné à recueillir une information
non exprimée verbalement dans une étude quantitative. C'est
un face-à-face entre un spécialiste de l'entretien (psychologue
par exemple) et un consommateur choisi pour ses caractéristiques
propres, qui correspondent au profil recherché.
Une " photographie " d'un certain nombre d'individus est prise
selon quatre modalités différentes :
v entretien directif : l'animateur pose des questions précises
à l'enquêté ;
v entretien semi directif : l'animateur lance l'entretien et n'intervient
qu'en cas de besoin, c'est à dire d'essoufflement de l'enquêté
;
v entretien non directif : l'animateur doit laisser parler au maximum
le répondant. Ses interventions sont rares.
v Entretien " un mot " : l'enquêteur explique les modalités
de l'entretien à son interlocuteur ; il s'agit pour ce dernier
de développer toutes ses réactions et ses idées à
l'énoncé, par l'animateur, d'un mot déclencheur.
Ces entretiens individuels sont analysés par le spécialiste
de l'entretien, dont la compétence dépasse la simple tenue
du face à face.
2) Les réunions de groupe,
Les entretiens de groupe consistent à réunir huit à
douze personnes dans un lieu savamment organisé. Un animateur (spécialiste
des entretiens) a comme objectif de créer une synergie entre l'ensemble
des membres du groupe pour aboutir à un résultat collectif
supérieur à l'addition des résultats individuels.
La réunion de groupe permet à chacun de dévoiler
ses motivations, freins, comportements, besoins nichés dans l'inconscient.
Un bon groupe est celui qui permet à chacun de s'exprimer librement,
c'est-à-dire de dépasser son discours stéréotypés.
3) L'observation.
C'est sur le lieu même d'achat, de consommation ou d'utilisation
que le chargé d'études recueille les renseignements les
plus bruts sur son produit ou service. En effet, en situation réelle
les interférences et les " bruits " sont atténués.
L'enquête par observation consiste à transformer en observatoire
:
v Un point de vente ;
v Une cuisine ;
v Une salle de bains ;
v Un salon.
Les faits observés sont ensuite analysés et constitue le
résultat de l'étude.
Pour chacun de ces trois types d'étude, il est possible d'utiliser
des outils d'enquête définis dans les pages qui suivent.
B Les différents outils d'étude qualitative
1 La place des tests projectifs dans les études qualitatives
Les études qualitatives permettent de dévoiler la signification
des comportements d'achats ou de consommation. Elles permettent d'expliquer
les motivations, les attitudes, les attentes, les freins et le processus
de décision des personnes interrogées.
Les préférences affichées des consommateurs n'obéissent
pas seulement à des motifs rationnels mais sont aussi déterminées
par des facteurs dont les individus n'ont pas conscience.
Le but des études qualitatives est d'analyser la relation entre
un individu ou un groupe d'individus et l'objet de l'enquête, afin
de faire apparaître les freins et les motivations, qui sont des
facteurs cachés du comportement.
Au contraire de l'étude quantitative, qui fait appel à la
notion d'échantillon, l'étude qualitative fait appel à
la notion de cible, car la représentativité est très
aléatoire et les extrapolations mathématiques dangereuses.
Les études qualitatives sont utilisées soit seules dans
les domaines qui les concernent, soit comme phase préliminaire
à une approche quantitative (pour bâtir un questionnaire
fermé, il faut connaître les différentes réponses
possibles).
Afin d'obtenir une réponse non stéréotypée
de l'interviewé en contournant ses barrières conscientes
(liées à la méfiance, à la gêne) et
inconscientes, on fait appel à des techniques d'investigation projectives
ou associatives.
Ces tests permettent de déterminer les motivations des consommateurs,
de cerner l'image d'une marque, d'un produit ou d'une société,
de préparer une deuxième et future étude qualitative,
d'explorer un nouveau marché, analyser l'importance d'un critère
de choix d'un produit, stimuler la créativité.
2 Les techniques projectives.
Les techniques d'investigation libre fournissent des données primaires
qualitatives à partir d'entretiens individuels, de réunions
de groupe, de tests projectifs et associatifs, d'observations.
La plupart des techniques utilisées sont issues des outils d'investigation
de la psychologie (association libre de Jung, Rorschach, test de frustration
de Rosenzweig, T.A.T de Murray, ..).
Les tests consistent à faire réagir un individu par rapport
à un support (images, mots, ). On lui demande de dire, expliquer,
commenter le comportement d'un personnage en situation (par exemple).
Dans cette histoire à la 3ème personne, le répondant
ne parle pas de lui mais d'eux ; c'est-à-dire en réalité
de lui puisqu'il ne fait que leur attribuer inconsciemment son cadre de
référence, ses sentiments, ses propres motivations et ses
freins, qu'il n'aurait pas exprimé de façon aussi nette
s'il avait dû parler à la première personne.
Plus le support sera flou et vague, plus la projection sera forte, mais
plus l'interprétation sera difficile.
Une petite histoire
Une étude restée célèbre est un des points
de départ de l'utilisation en marketing des techniques projectives.
Le lancement aux États-Unis à la fin des années 40
du premier café soluble instantané "Nescafé"
a été un échec commercial alors que les pré-tests
de goût en aveugle avaient été satisfaisants. Les
ménagères alors interrogées affirmèrent que
c'était le goût qu'elles n'aimaient pas.
Un psychologue établit alors un test visant à soumettre
deux listes d'achat identiques à l'exception d'un seul article
: le café en grain traditionnel était remplacé par
le café soluble instantané "Nescafé" dans
l'une des listes.
Les ménagères devant décrire le profil de la femme
qui avait acheté les produits de leur liste, présentèrent
l'acheteuse du café en grain traditionnel comme une bonne épouse,
bonne ménagère, économe et celle de l'autre liste
comme une mauvaise épouse, mal organisée et dépensière.
Cette expérience montre qu'une méthode indirecte permet
de révéler les défenses des consommateurs.
3 T.A.T (Thematic Apperception Test ) : tests de perception thématique
Développé à l'origine par Murray en psychologie,
ce test est constitué d'une série d'images.
L'interviewé doit commenter des situations se rapportant à
l'étude, représentées par des dessins et des photos.
Ce test doit permettre de révéler les conflits, aspirations
et valeurs fondamentales d'un individu.
Dans le domaine des études, ce test permet de mettre en évidence
des freins et motivations "profonds" face à des produits.
Un exemple bien connu est celui de la recherche des motivations profondes
du fumeur. On présente à une personne une série de
dessins représentant l'attente devant un arrêt d'autobus,
une maternité, un personnage au travail, un groupe d'hommes et
de femmes réunis. On lui demande d'indiquer dans quel cas le personnage
a le plus envie de fumer ce qui permet de mettre au jour des sentiments
tels que l'anxiété ou l'impatience ou encore le besoin social,
la timidité.
4 Test de phrases à compléter
On présente au répondant des phrases inachevées ayant
un rapport direct avec l'objet de l'étude.
Exemple d'une étude sur les moyens de locomotion :
v une voiture c'est bien quand,
v quand la voiture est en panne,
v avec une voiture on peut
v sans voiture
v ce qui est original dans la Twingo c'est
v avoir une Twingo c'est
5 Test de bulles à compléter ou ballon-test et test de
frustration
Le répondant doit remplir des bulles, monologue ou dialogue entre
deux personnes en situation directement liée à l'objet de
l'étude. Une variante consiste à demander à la personne
d'imaginer la réponse d'un personnage agressé verbalement
par un autre.
6 Techniques associatives.
Elles ont toutes pour objet de découvrir à quoi quelque
chose fait penser, qu'il s'agisse d'une marque, d'un produit, d'un service
d'une société.
Association libre
Le répondant répond librement et spontanément. Il
dit tout ce qui lui vient à l'esprit à propos de l'objet
qu'on lui montre.
Association de mots
Conçu par Carl Jung, le test consistait pour le médecin
à énoncer une liste de mots "inducteurs", en demandant
au patient d'indiquer la première chose lui venant spontanément
à l'esprit. Ce test a été appliqué aux études
marketing, les interviewés étant invités à
associer à une marque, un mot-clé, . .. le premier mot qui
lui vient à l'esprit.
Par exemples :
v vacances à plage
v voiture à liberté
7 Association de mots contrôlés
Les mots ou qualificatifs à associer au produit étudié
sont choisis dans une liste fournie aux personnes interrogées.
Par exemples :
v vacances > plage ou soleil ou sport ou amis ou enfants
8 Association d'images
C'est une technique simple, facilement utilisable auprès d'enfants
ou de personnes ne maîtrisant pas la langue de l'interviewer. La
personne interrogée doit associer des images, parmi toutes celles
fournies, aux différentes marques ou produits présents sur
le marché que l'on étudie. Ces images représentent
des utilisateurs typés voire stéréotypés,
correspondant aux différentes PCS (Professions et Catégories
Sociales) pour qu'elles soient reconnaissables sans difficulté.
9 Tests de transposition : le portrait chinois
Les études de marché s'en sont emparées pour analyser
une image de marque. C'est une technique également utilisée
dans les groupes de créativité.
Le test consiste à demander au répondant d'identifier l'élément
étudié à un animal, une couleur, personnage célèbre,
plante, personnage ordinaire,...
v "Si X (produit, marque, société, ...) était
un animal, ce serait..."
v "Si X (produit, marque, société, ...) était
un héros, ce serait..."
Pour plus de richesse on questionne l'interviewé, à la fin
de l'exercice, sur les raisons des ses choix.
L'analyse du contenu
Les informations recueillies au cours des entretiens sont ensuite étudiées
selon les techniques de l'analyse du contenu (Bérelson).
Elle est utilisée en marketing pour les études de motivation,
des comportements d'achat, des freins d'un consommateur ou l'étude
de la perception de la publicité sans le biais de la rationalisation.
L'analyse du contenu consiste en une classification en thèmes principaux
et en thèmes secondaires des informations récoltées
au cours des entretiens, ce qui permet de repérer les thèmes
non traités.
Le psychologue reprend ensuite pour chaque thème principal et secondaire
les réponses les plus utiles des enquêtes.
Les inconvénients
Le coût des tests projectifs ou associatifs est important compte
tenu du fait qu'ils concernent peu de personnes (20 à 50 interviewés),
que les interviews sont souvent long (2 à 3 heures) et qu'ils sont
menés et analysés par des psychologues. On se rend donc
compte de l'importance de dégager des hypothèses de travail
en amont, de déterminer les objectifs de l'étude et de donner
les directions à suivre.
C La place des études dans les lancements de produit
Le contexte concurrentiel actuel, amène les industriels à
donner une plus grande place à l'innovation. Excellent moyen pour
retenir l'attention des consommateurs et des distributeurs, l'innovation
est très coûteuse, et nécessite la mise en place d'outils
d'étude préalables. En effet, la durée de vie de
plus en plus courte des produits nouveaux implique que les investissements
de base doivent être rentabilisés de plus en plus vite. Ainsi
les processus de recherche et de développement doivent être
accélérés pour atteindre la compétitivité
nécessaire.
Compte tenu de l'importance stratégique et des coûts de
commercialisation d'un nouveau produit, il n'y a plus de place pour le
hasard et l'intuition. Ainsi, de la conception au lancement d'un produit,
une succession d'études sont menées, confirmant ou infirmant
la nécessité de ce nouveau produit.
Dans le cadre précis d'un lancement de produit, les études
menées servent à :
v Sélectionner une idée, un concept,
v Prévoir l'accueil qualitatif et quantitatif du marché.
v Anticiper les mouvements du marché.
1 Étude et recherche d'idées de produits nouveaux
La recherche d'idée de produits nouveaux peut venir de plusieurs
sources : sources internes (centre de recherche, le personnel, le créatif-maison,
l'analyse des remontées d'information des services après
vente, observatoire de la concurrence, etc.) et sources externes (cabinets
spécialisés, veille économique, etc.).
Les restrictions budgétaires poussent à plus de rationalisation
au détriment des méthodes de créativité. Les
études menées s'orientent alors vers l'élaboration
de " checks-lists " utilisées à partir d'un produit
existant. Les items employés peuvent être quantitatifs ou
qualitatifs, par exemple : " Quels autres usages? Adapter ? Modifier
? Qui ? Quoi ? Combien ... ". Après mise à plat et
analyse des résultats , on peut déceler les attentes du
marché et/ou les améliorations à pourvoir au produit
existant. Il s'agit plus de relancement que de lancement.
2 Étude de la viabilité de l'idée
Quelle que soit la méthode de recherche d'idées, il est
nécessaire de faire une étude sur le critère de faisabilité.
Un premier tri est entrepris éliminant les idées les plus
irréalisables puis on étudie de façon plus approfondie
celles qui restent, cette méthode de tris successifs est appelée
screening.
Les critères d'analyse d'idées de produits nouveaux ne sont
pas restreints et sont fonction du produit et de son marché. En
général on y retrouve :
v L'évaluation du marché potentiel (vente, profit, etc.),
v L'étude de la concurrence,
v Les contraintes techniques, financières et juridiques (production,
investissement, etc.),
v L'insertion dans la gamme actuelle
L'ensemble de ces filtres constitue le screening total de la procédure
de lancement de produit. Les filtres sont les mêmes pour tous les
produits ce qui permet d'avoir une méthode impartiale pour juger
tous les projets et retenir celui qui convient le plus aux critères
choisis par l'entreprise. Une analyse plus fine consiste à affecter
un coefficient à chaque critère pour aboutir à un
scoring.
Cette première analyse permet de décider la poursuite du
développement du nouveau produit. Ce développement se traduira
par une série de tests auprès des consommateurs qui appartiennent
à la cible.
3 Tests de concept
Le test de concept se situe à un moment où le produit n'est
pas matérialisé. Le produit est défini de façon
verbale et graphique. On évalue ainsi, l'intérêt d'une
ou plusieurs idées de produits nouveaux.
Généralement, les tests de concept se font par interviews
individuelles à l'aide d'une " planche concept " et d'un
questionnaire. La présentation du concept est complétée
par une série de propositions sur les caractéristiques possibles
du produit. Par exemple :
v " Pensez-vous qu'il serait intéressant de mettre des vitamines
dans ce produit ? "
v " A quel moment consommerez-vous plutôt ce produit ? ".
Les tests de concept ne sont pas des outils prévisionnels de vente.
Ils servent à juger une idée et doivent être complétés
par des tests produits
4 Tests de produit
Le test produit a pour objectif de vérifier si la perception du
produit par le futur consommateur correspond bien aux objectifs assignés
au produit par son fabricant. L'analyse de ces tests permet de constater
et de rectifier l'écart entre le produit voulu et le produit perçu,
tant en terme d'image que de fonctionnalité (goût, couleur
).
6 Méthodes de test de produit
Dans le cadre d'un test de produit deux principales méthodes sont
employées : les tests en laboratoire et les tests sur le terrain.
Ces deux méthodes, aux objectifs distincts, ne sont pas antagonistes
et sont bien souvent utilisés de façon complémentaire.
Les tests en laboratoire ont pour principal objectif de tester la perception
d'une ou plusieurs caractéristiques du produit pour lesquelles
une utilisation de longue durée n'est pas indispensable, par exemple
le conditionnement. Si les attentes sont précises, cette méthode
peut donner de bons résultats, dans une durée limitée,
avec un coût minimal.
A contrario, les tests sur le terrain ont pour but de tester la perception
mais surtout l'utilisation du produit en situation réelle sur une
longue durée, par exemple tester les modes d'utilisation du produit.
Même si la méthode est lourde et très coûteuse
à mettre en place, ses résultats sont plus justes.
Par exemple : l'étude d'une nouvelle matière grasse peut
nécessiter une partie de tests en laboratoire sur le concept, le
conditionnement, le packaging, les messages publicitaires, etc. Et comporter
une partie terrain en confiant aux interviewés des produits testés
qui ont des compositions différentes (graisse animale ou graisse
végétale ou un mélange des deux types de graisse).
Ces utilisateurs seront amenés à noter toutes les remarques
relatives à l'utilisation du produit chez eux : ses modes de consommation,
sa praticité, son goût, etc. Les résultats permettront
de mettre en avant le produit (composition, packaging, etc.) qui aura
obtenu les faveurs des consommateurs.
7 Marchés tests
Les marchés tests sont des études sur le terrain avec une
ambition plus large que celles décrites ci-dessus : c' est une
mise en situation réelle d'achat du produit dans un cadre défini
(zone géographique, certains magasins...). Ce type d'étude
permet, en tenant compte de l'application de l'ensemble de la stratégie
marketing du produit, de prévoir plus que les intentions d'achat,
les achats effectifs. La mise en marché test d'un produit nécessite
un produit fini et une définition précise de la stratégie
marketing.
Dans le cadre d'un lancement de produit, ce type d'étude intervient
essentiellement pour analyser le comportement du consommateur face au
nouveau produit qui se situe dans un contexte concurrentiel au niveau
" régional ". De plus, il permet à un moindre
coût d'obtenir des informations sur l'accueil du produit, la prévision
de vente et la part de marché potentielle au niveau national à
partir des données du marché test.
Il existe trois types de marchés-tests : les marchés tests
classiques, les mini-marchés tests et les marchés tests
simulés.
a Les marchés tests classiques
Les marchés tests classiques consistent à mettre en place
une stratégie envisagée dans une zone géographique
déterminée (généralement des villes moyennes).
Tout comme la mise en place d'un échantillon de population, la
zone géographique doit être représentative de l'ensemble
du marché que l'on souhaite toucher. Cette représentativité
se traduit par les critères sociodémographiques et les habitudes
de consommation. de la population qui la compose.
Les informations à recueillir sont à la fois d'ordre qualitatif
(opinions des acheteurs, consommateurs, distributeurs, prescripteurs ;
qui achète ? ...) et quantitatif (quantités achetées,
taux de réachat...). Ces informations peuvent être recueillies
par des panels et/ ou des sondages et serviront lors du lancement au niveau
national.
Les marchés tests sont très coûteux puisqu'ils requièrent
l'échelle de la zone mise en étude, la production du produit,
la mise en place d'une communication publicitaire et promotionnelle. De
plus, la durée du test doit être relativement longue afin
que l'étude soit intéressante et révélatrice.
Compte tenu de la lourdeur et des coûts de mise en place, les mini-marchés
tests ont la préférence des entreprises.
b Les mini-marchés tests
Similaires aux marchés tests classiques, les mini-marchés
tests sont plus "légers " à mettre en uvre.
En effet, la mise en place du produit ne s'effectue pas dans une zone
géographique mais dans certains magasins avec lesquels un accord
spécial est passé.
Durant la durée du test, des enquêtes sont effectuées
afin de connaître les caractéristiques des acheteurs du produits
: habitudes de consommation, motivation d'achat ou de réachat du
produit, etc.,
Tout comme les marchés tests classiques, les mini-marchés
tests nécessitent des investissements importants (production du
produit, coûts de communication et de promotion, etc.) ainsi qu'une
période de test longue pour laisser le temps aux consommateurs
de connaître le produit.
Même si ces deux méthodes sont très fiables. elles
ne peuvent néanmoins pas garantir leurs résultats au niveau
national . En effet, l'expérimentation sur une échelle réduite
ne peut pas toujours tenir compte des mouvements imprévisibles
du marché : effet de mode, fluctuation du marché, attitude
de la concurrence, etc.
Autres raisons possibles d'un échec d'un produit au niveau national
après la réussite sur un marché test :
La zone ou les magasins choisis peuvent ne pas avoir été
suffisamment bien sélectionné pour l'étude, et n'étaient
pas suffisamment représentatifs.
La stratégie employée lors du lancement n'a pas été
strictement identique à celle du marché test.
Mais le principal inconvénient de ces deux méthodes reste
le dévoilement à la concurrence de la stratégie de
l'entreprise. En effet, elles permettent aux entreprises rivales de contrecarrer
le lancement du produit avant même qu'il ne soit distribué
au niveau national. La mise en avant de la stratégie de l'entreprise
permet à ses adversaires de modifier leur propre stratégie
marketing pour s'opposer à elle.
Pour éviter cet inconvénient, il a été inventé
des marchés test simulés.
c Les marchés tests simulés
Cette méthode recréée un espace de vente aussi proche
que possible de la réalité (présence d'un linéaire
type, plusieurs choix de marque possible, etc.) et permet, grâce
à deux phases successives de prévoir le taux d'essai et
le taux de réachat.
La mise en uvre de ce type d'étude requiert un certain nombre
d'éléments indispensables, qui sont envisagée pour
le lancement :
v Des échantillons du produit (avec un packaging définitif)
v Du matériel publicitaire (PLV, maquettes d'annonces presse)
v Le prix de vente du produit ;
v Le budget publi-promotionnel ;
v Le futur taux de présence en magasin ;
v Prévision du taux d'essai.
Pour prévoir le taux d'essai, on enquête auprès d'un
échantillon de population, au cours de laquelle on expose les acheteurs
potentiels à la future campagne publi-promotionnelle du produit.
Par la suite, on leur donne la possibilité d'acheter ce produit
au prix fixé dans le linéaire récréé
pour l'occasion. Ainsi. on peut déterminer l'impact de la campagne,
mais aussi le pourcentage d'acheteurs potentiels qui seraient prêts
à essayer le produit.
Une fois obtenu la prévision du taux de réachat, il est
necessaire de calculer le taux de réachat. Il dépend de
quatre facteurs :
v La présence du produit dans les points de vente ;
v Le prix du produit ;
v La pression publi promotionnelle ;
v La satisfaction du consommateur lors de son premier achat.
Les trois premiers facteurs sont connus de l'entreprise puisque c'est
elle qui les fixe. La satisfaction des consommateurs ne peut être
connue qu'en utilisant un test.
L'application de coefficients sur ces quatre facteurs permet de déterminer
le taux prévisible de réachat. Ces coefficients sont élaborés
et ajustés à partir d'un grand nombre d'expériences
par les sociétés d'études qui les emploient.
Cette méthode a le principal avantage de donner des prévisions
de ventes avant tout lancement pour un coût modéré,
mais sa fiabilité et sa précision ne sont pas aussi élevées
que pour les marchés tests classiques et les mini-marchés
tests ; même si les études coûtent cher aux entreprises,
elles sont nécessaires aux attentes des consommateurs. A long terme,
cette vision améliorée peut permettent aux entreprises de
gagner de l'argent, en adaptant de façon plus judicieuse leur offre
à la demande. Mais il ne faut pas faire de généralités
puisque des produits très bien accueillis en études peuvent
ne jamais faire les résultats escomptés après leur
lancement. L'interprétation des résultats doit donc être
considérée avec précaution et prendre en compte une
marge d'erreur.
La place des études au niveau d'un lancement de produit est très
importante, mais elles ne se limitent pas seulement à ce cadre.
En effet, plus qu'agir sur le produit, les études interviennent
aussi directement sur les décisions stratégiques de l'entreprise.
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